Mis à jour Juin 2026

Étudiant algérien France 2026 — Accord 1968, certificat résidence, 50% travail

Vous êtes étudiant algérien en France ? Vous êtes soumis à un régime spécifique : l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968. Il remplace intégralement le CESEDA et impose : certificat de résidence 1 an non pluriannuel, travail à 50% durée légale (≈ 800h/an), APT obligatoire pour chaque emploi. Spécificités, tableau comparatif vs CESEDA, procédure, pièges et plan B.

1 an

certificat résidence (pas de pluriannuel)

50%

durée légale travail (vs 60% CESEDA)

APT

obligatoire pour chaque emploi

1968

accord bilatéral spécifique

Spécificité majeure : régime distinct du CESEDA

Le séjour des Algériens en France est régi par l'accord du 27 décembre 1968 et ses avenants (1985, 1994, 2001). Pas par le CESEDA. Conséquence : règles plus restrictives (annuel, 50% travail, pas d'auto-entrepreneur) mais avantages côté famille (carte 10 ans dès 3 ans pour conjoints). Toujours vérifier la base juridique applicable.

Étudiant algérien vs étudiant CESEDA — 7 différences clés

CritèreÉtudiant algérien (Accord 1968)Étudiant CESEDA (autres non-UE)
Titre de séjourCertificat de résidence « étudiant » 1 anCarte de séjour étudiant pluriannuelle (jusqu'à durée du cursus)
RenouvellementAnnuel obligatoireAnnuel ou pluriannuel selon parcours
Travail autorisé≈ 50% durée légale (≈ 800h/an, base art. 7 avenant 2001)60% durée légale = 964h/an (CESEDA)
Autorisation de travail (APT)Obligatoire pour chaque contrat (déclaration préfecture 2 jours ouvrables avant)Pas d'APT en dessous de 964h (sauf alternance)
Activité indépendante / auto-entrepreneurInterditPossible avec changement de statut
APS jeune diplômé après masterAccessible (procédure adaptée)Accessible (R422-13 CESEDA)
Changement de statut → salariéProcédure spécifique accord 1968 (art. 7 ter)Procédure CESEDA L421-1

Les 7 étapes de la démarche

1

Inscription Études en France via Campus France Algérie

Plateforme algerie.campusfrance.org — création du dossier en ligne, choix des formations, frais de dossier ~ 90 €. Calendrier annuel : ouverture 1er octobre, dates limites variables selon le niveau (DAP licence 1 : 17 décembre ; hors DAP : avril).

2

Entretien Campus France à l'Espace Campus France d'Alger ou Oran

Entretien de motivation obligatoire, en français. Évalue cohérence du projet, niveau de français, financement. À l'issue : avis favorable, défavorable, ou ajourné. L'avis défavorable n'est pas définitif — recours possible.

3

Demande de visa long séjour étudiant via France-Visas + Capago

Après le « message de fin de procédure » Campus France, prise de RDV sur france-visas.gouv.fr. Pour Alger : centre Capago contacte automatiquement quelques jours après. Documents : passeport, attestation Études en France, justificatifs ressources (~ 615 €/mois minimum), assurance, hébergement.

4

Arrivée en France et validation OFII en 3 mois

Le visa long séjour est valable 3 mois pour entrer. À l'arrivée : valider sur administration-etrangers-en-france.interieur.gouv.fr (espace ANEF) dans les 3 premiers mois. Paiement de la taxe en ligne. Visite médicale OFII envoyée par courrier.

5

Demande du certificat de résidence « étudiant » avant la fin du visa

Avant l'expiration de votre visa long séjour, demander le certificat de résidence sur ANEF. Validité : 1 an, renouvelable annuellement. Important : il n'existe pas de version pluriannuelle pour les Algériens — chaque année, démarche complète.

6

Demander l'APT (autorisation de travail) pour chaque contrat

Avant chaque embauche (job étudiant, stage rémunéré, alternance), votre EMPLOYEUR doit déposer une déclaration nominative à la préfecture, au moins 2 jours ouvrables avant la date d'embauche. Silence administratif = acceptation. Démarche en ligne sur le portail du ministère de l'Intérieur.

7

Préparer la suite après diplôme : APS, salarié, changement statut

Après master/doctorat : demande APS (12 mois) sur ANEF avec preuve de diplôme. Si CDI : changement de statut vers un certificat de résidence « salarié » selon la procédure spécifique de l'accord 1968. Pas d'auto-entrepreneur, et pas d'accès au passeport talent (réservé au CESEDA) — la voie est le certificat de résidence « salarié ».

Conseils pratiques pour naviguer dans le régime de l'accord 1968

1

Demander l'APT au minimum 1 mois avant la prise de poste

Bien que le délai légal soit 2 jours ouvrables, prévoir une marge évite les blocages administratifs. Faire déposer la déclaration par l'employeur au plus tôt après signature du contrat. Conseil : remettre à l'employeur un modèle de déclaration nominative pour éviter les erreurs.

2

Anticiper le renouvellement annuel — démarche dès J-120

Le certificat de résidence 1 an non pluriannuel implique de relancer chaque année la procédure complète (justificatifs, scolarité, ressources, attestation hébergement). Déposer 4 mois avant l'expiration sur ANEF pour éviter une rupture de droits. La rupture de régularité fragilise tout dossier ultérieur.

3

Privilégier les jobs étudiants à temps partiel respectant la limite 50%

Beaucoup d'employeurs ignorent la spécificité algérienne. Mentionner explicitement la limite des 50% dans les conversations RH évite des contrats illégaux. Job idéal : 12-16h/semaine en année universitaire, full-time pendant les vacances longues. Tutorat, restauration, services à la personne sont les secteurs qui maîtrisent la procédure APT.

4

L'alternance/apprentissage est possible, mais via APT spécifique

Contrairement aux étudiants CESEDA pour qui l'apprentissage est hors limite des 964h, les Algériens doivent obtenir une APT pour le contrat d'apprentissage. Procédure 100% en ligne sur portail intérieur. CFA universitaires (CFA SUP) habitués à la procédure. Anticiper 1-2 mois avant la rentrée.

5

Ressources financières : ≈ 615 €/mois exigés au consulat

Le consulat algérien exige une preuve de ressources d'environ 615 €/mois pour la durée des études (montant équivalent à la base AGS/SMIC pour étudiants, mis à jour annuellement). Sources acceptées : compte parental, attestation bancaire DZ, bourse du gouvernement algérien, prise en charge en France par garant solvable. Prouver la stabilité des ressources sur 12 mois.

5 pièges spécifiques aux Algériens à éviter

1

Dépasser la limite des 50% (≈ 800h/an) en pensant être à 964h

Pourquoi : Beaucoup d'étudiants algériens, conseillés à tort par des employeurs ou amis, se croient soumis à la limite CESEDA de 964h. Conséquence : travail illégal, refus de renouvellement, voire OQTF.

Comment éviter : Connaître précisément le plafond applicable selon votre secteur. La base = 50% durée légale annuelle (≈ 803h pour 35h/sem × 47 sem). Tenir un décompte mensuel des heures travaillées. Conserver les bulletins de salaire pour preuve.

2

Démarrer un emploi sans APT validée

Pourquoi : L'absence d'APT rend le contrat illégal. Pour vous : risque de refus du renouvellement et atteinte au caractère sérieux des études. Pour l'employeur : amende jusqu'à 15 000 €.

Comment éviter : Avant toute prise de poste, exiger de l'employeur la preuve de la déclaration nominative déposée à la préfecture (mail de confirmation ou récépissé). 2 jours ouvrables = délai minimum, prévoir 1 mois pour sécurité.

3

Tenter de devenir auto-entrepreneur en parallèle des études

Pourquoi : Le certificat de résidence « étudiant » n'autorise pas l'activité indépendante (auto-entrepreneur). Risque : régularisation rejetée et statut compromis.

Comment éviter : Pas d'auto-entrepreneuriat possible pendant les études selon l'interprétation administrative majoritaire. Note : vérifier l'évolution de la jurisprudence sur ce point sur service-public.fr ou auprès d'un avocat spécialisé, car des décisions de tribunaux administratifs peuvent nuancer cette règle. Pour entreprendre après le diplôme : les Algériens n'ayant pas accès au passeport talent, la voie est un certificat de résidence autorisant une activité non salariée (commerçant/artisan), sous conditions, ou la naturalisation qui ouvre les dispositifs de droit commun.

4

Ne pas renouveler le certificat de résidence à temps

Pourquoi : Le certificat 1 an n'est pas auto-renouvelable. Une rupture même de quelques jours fragilise tous les dossiers ultérieurs (carte 10 ans, naturalisation, regroupement familial).

Comment éviter : Démarche ANEF dès J-120 (4 mois avant expiration). Constituer le dossier scolarité + ressources + hébergement à l'avance. Récépissé délivré pendant l'instruction = preuve de régularité. Si retard préfecture : référé mesures-utiles ou recours hiérarchique.

5

Penser que l'APS jeune diplômé est inaccessible aux Algériens

Pourquoi : Une jurisprudence ancienne avait restreint l'APS pour les Algériens. La pratique a évolué : l'APS est désormais accessible aux étudiants algériens diplômés (master ou doctorat) avec procédure adaptée.

Comment éviter : Demander l'APS sur ANEF dès l'obtention du diplôme. Joindre : diplôme, projet professionnel précis, justificatifs de recherche d'emploi. En cas de refus initial : recours gracieux (2 mois) puis contentieux administratif. Plusieurs préfectures délivrent désormais sans difficulté.

Si la voie Campus France échoue : 4 plans B

1

Étudier dans un pays UE puis venir en France via mobilité Erasmus

Pour les Algériens dont la voie Campus France est bloquée : envisager une licence/master dans un autre pays UE (Belgique francophone, Espagne, Italie), puis mobilité Erasmus en France. Statut UE = règles plus souples.

2

Visa Court Séjour études si formation < 90 jours

Pour formations courtes (école d'été, semestre limité, concours), un visa Schengen études évite les contraintes du long séjour. Permet 1-3 mois en France. Renouvelable une fois si formation justifiée.

3

Après le master : passage en certificat de résidence « salarié »

L'Algérien diplômé n'accède PAS au passeport talent (titre du CESEDA dont les Algériens sont exclus par l'accord 1968). Après un master + emploi qualifié, le changement de statut se fait vers un certificat de résidence mention « salarié » (salaire ≥ SMIC, opposabilité sauf métier en tension), renouvelable, puis vers le certificat de 10 ans. Pour viser les dispositifs « talent », la seule voie est la naturalisation française.

4

Recours en cas de refus consulaire — CRRV Nantes

Si refus de visa long séjour étudiant : recours gracieux dans les 30 jours auprès du consulat. Si refus confirmé : saisine de la Commission de Recours contre les Refus de Visa (CRRV) à Nantes. Délai global 3-6 mois. Procédure gratuite. Modèle de lettre disponible sur notre page recours visa étudiant.

Sources officielles 2026

A

Amine · À propos de l'auteur

Originaire du Grand Maghreb, installé en France depuis 2017. A traversé personnellement les démarches de titre de séjour et la procédure de naturalisation. DémarchesÉtrangers est né de cette expérience, pour rendre l'information accessible à tous les étrangers en France.

Guide pratique basé sur les sources officielles (Légifrance, Service-Public.fr). Ce contenu ne constitue pas un conseil juridique. Pour votre situation personnelle, consultez un avocat spécialisé en droit des étrangers.

Questions fréquentes — Étudiant algérien France accord 1968

Pratique signalée en préfecture

Application de l'accord franco-algérien de 1968 et pièces réclamées, d'après les retours.

APS post-master : position ambiguë — ni garantie ni impossible pour les Algériens

L'APS de 12 mois n'est pas prévue par le texte de l'accord franco-algérien de 1968, qui régit seul le séjour des Algériens. En théorie, ce titre du CESEDA ne leur est pas applicable. Mais en pratique, la position administrative a évolué : de nombreuses préfectures accordent désormais l'APS aux diplômés algériens de master, avec une procédure adaptée (voir FAQ). Des usagers signalent toutefois des refus, plus fréquents qu'avec d'autres nationalités — en cas de refus, le changement de statut direct vers le certificat de résidence « salarié » reste la voie principale garantie par l'accord 1968.

Les années étudiantes ne comptent pas pour la carte de résident 10 ans

La carte de résident algérien (CRA) de 10 ans requiert 3 ans de résidence régulière en qualité de salarié — les années passées sous statut étudiant ne sont pas prises en compte. Des usagers présents en France depuis 6 à 7 ans mais majoritairement sous titre étudiant ont vu leur demande refusée pour insuffisance de durée en qualité de salarié.

Changement de statut étudiant → salarié sans retour en Algérie

Un étudiant algérien titulaire d'un certificat de résidence peut demander un changement de statut vers « salarié » directement en préfecture, sans retour en Algérie ni nouveau visa. Il faut présenter une offre d'emploi en CDI ou CDD d'au moins 12 mois et un salaire ≥ au SMIC. Des retours de terrain confirment que ce changement direct est régulièrement accordé à Paris, Lyon et Marseille.

CRA 10 ans accessible dès 3 ans de résidence sous mention salarié

Contrairement aux ressortissants soumis au droit commun (5 ans requis), les Algériens titulaires d'un certificat de résidence « salarié » peuvent demander la CRA 10 ans après seulement 3 ans sous ce statut (article 7 ter de l'accord). Certaines préfectures appliquent par défaut les 5 ans du CESEDA — citer explicitement l'accord dans la demande est recommandé.

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