Mis à jour Août 2026

Ivoiriens en France 2026 — convention 1992, carte 10 ans en 3 ans

Vous êtes ivoirien et vous vivez en France, ou vous préparez votre installation ? La Côte d'Ivoire n'a pas signé d'accord de gestion concertée comme le Sénégal ou le Gabon — mais un texte plus ancien et méconnu, la convention du 21 septembre 1992, reste en vigueur et ouvre un droit réel : la carte de résident 10 ans après seulement 3 ans de séjour régulier.

Pas d'accord de gestion concertée — mais une convention réelle et active

Ne cherchez pas un accord « 2007-2009 » comme pour le Sénégal ou le Congo : il n'existe pas pour la Côte d'Ivoire. Le texte qui compte est plus ancien — la convention de 1992 — et il est toujours appliqué aujourd'hui.

3 ans

au lieu de 5 pour la carte de résident 10 ans

1992

année de signature de la convention (art. 11)

Depuis 2013

double nationalité ivoirienne autorisée

0

accord de gestion concertée avec la Côte d'Ivoire

La confusion la plus fréquente : chercher un accord qui n'existe pas

En cherchant « accord franco-ivoirien immigration », on tombe souvent sur des pages qui évoquent, par erreur ou par généralisation, un accord de gestion concertée des flux migratoires — le type de texte signé par la France avec le Sénégal (2006), le Gabon (2007), le Congo-Brazzaville (2007) ou le Bénin (2007). La Côte d'Ivoire ne fait pas partie de cette liste : aucun accord de ce type n'a jamais été signé entre les deux pays.

Ce qui existe réellement, c'est un texte antérieur et distinct : la convention relative à la circulation et au séjour des personnes du 21 septembre 1992 (décret n°95-436 du 14 avril 1995, en vigueur depuis le 1er avril 1995). Moins médiatisée, elle reste pleinement applicable et contient un avantage réel.

Carte de résident 10 ans après 3 ans : le mécanisme de l'article 11

En droit commun (CESEDA), la carte de résident de 10 ans nécessite 5 ans de résidence régulière en France. L'article 11 de la convention de 1992 réduit ce délai à 3 ans pour les ressortissants ivoiriens, un mécanisme identique dans son principe à celui dont bénéficient les Sénégalais, Marocains ou Tunisiens.

Condition de durée : 3 années de résidence régulière et continue en France. Les périodes sous statut précaire (étudiant, stagiaire, saisonnier) ne sont en général pas comptabilisées.

Condition de ressources : comme pour toute carte de résident de droit commun, des ressources stables et suffisantes sont exigées.

Procédure : dépôt via ANEF, justificatifs des 3 années de titres successifs, et mention explicite de « l'article 11 de la convention franco-ivoirienne du 21 septembre 1992 » dans le dossier.

Étudiants, salariés, regroupement familial : ce que prévoit aussi la convention

  • Étudiants (article 9) : visa de long séjour + attestation de préinscription ou d'inscription + justificatifs de moyens d'existence — des conditions proches du droit commun étudiant.
  • Salariés (article 5) : certificat médical et contrat de travail visé par le ministère du Travail avant l'admission.
  • Regroupement familial (article 8) : les membres de la famille rejoignent la personne établie régulièrement selon la législation du pays d'accueil, avec un titre de séjour de même nature.

Ce texte ne contient pas de liste de métiers ouverts sans opposabilité de l'emploi, contrairement à l'accord de gestion concertée dont bénéficient d'autres nationalités — c'est la principale différence avec le régime sénégalais, par exemple.

Double nationalité : ce qui a changé en 2013

Avant 2013, un Ivoirien majeur qui acquérait volontairement une nationalité étrangère risquait de perdre la nationalité ivoirienne. Une réforme de 2013 a mis fin à cette règle : un ressortissant ivoirien qui se fait naturaliser français peut désormais conserver sa nationalité ivoirienne, la France autorisant elle-même la double nationalité depuis 1973 sans exiger de renonciation. En cas de doute sur votre situation précise, le consulat de Côte d'Ivoire en France reste l'interlocuteur de référence pour confirmer votre cas.

Bonnes pratiques et pièges documentés

Conseils pratiques

Joindre systématiquement le texte imprimé de la convention de 1992, article 11 surligné — la plupart des agents de préfecture ne connaissent pas ce texte ancien.

Reconstituer précisément l'historique de ses titres de séjour avant de déposer une demande de carte de résident — le décompte des 3 ans se vérifie titre par titre.

Ne pas confondre la convention de 1992 avec un éventuel accord de gestion concertée : ce dernier n'existe pas pour la Côte d'Ivoire, inutile de le chercher ou de le citer.

Points de vigilance

Compter les années sous statut étudiant ou stagiaire dans les 3 ans requis — elles ne comptent en général pas.

Se fier uniquement à service-public.fr, qui référence mal les conventions anciennes de ce type : Légifrance reste la source de référence.

Confondre l'accord de réadmission (retour des personnes en situation irrégulière) avec un avantage pour les résidents réguliers — ce n'est pas le même sujet.

Si la préfecture refuse d'appliquer la convention

1

Recours gracieux auprès du préfet, texte de la convention et article 11 joints.

2

Recours hiérarchique — voir notre générateur de lettre de recours.

3

Tribunal administratif dans les 2 mois suivant la décision de refus.

4

Association spécialisée (GISTI, Cimade) pour les cas complexes d'application d'une convention bilatérale ancienne.

Sources officielles 2026

A

Amine · À propos de l'auteur

Originaire du Grand Maghreb, installé en France depuis 2017. A traversé personnellement les démarches de titre de séjour et la procédure de naturalisation. DémarchesÉtrangers est né de cette expérience, pour rendre l'information accessible à tous les étrangers en France.

Questions fréquentes — Ivoiriens en France 2026

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