Accord franco-algérien 1968 — droits, séjour et régularisation 2026
Si vous êtes algérien ou algérienne, une chose change tout et beaucoup l'ignorent : vos droits au séjour ne relèvent pas du CESEDA, mais d'un texte à part — l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968. C'est une arme à double tranchant : plus favorable sur certains points (RSA immédiat, certificat de résidence 10 ans rapide pour conjoint de Français) mais plus restrictif sur d'autres (la régularisation L. 435-4 ne vous est pas applicable). Ce guide explique quelles règles s'appliquent à vous, comment obtenir le certificat de résidence 10 ans, et quelles solutions existent si votre situation est bloquée.
Pourquoi ce guide est essentiel pour les Algériens
La majorité des articles de blogs juridiques parlent du CESEDA (Code de l'entrée et du séjour des étrangers). Pour vous, ressortissant algérien, ces articles sont partiellement faux : votre statut est régi par un traité bilatéral qui prime sur la loi française. Lire un article CESEDA peut vous induire en erreur sur vos droits réels — bons comme mauvais.
1968
Signature accord
3 avenants
1985 · 1994 · 2001
Art. 55
Prime sur CESEDA
RSA
Accès immédiat
4 idées reçues sur l'accord 1968 — la vérité juridique
Ces quatre confusions circulent régulièrement sur les forums et dans les discussions en préfecture. Elles peuvent conduire à des démarches inutiles ou à manquer des droits réels — voici la réalité juridique pour chacune.
« L'accord 1968 défavorise les Algériens »
→ Réalité mixte. L'accord est PLUS favorable sur 4 points (RSA immédiat, accès rapide à la carte 10 ans, regroupement familial allégé, conjoint de Français protégé) mais MOINS favorable sur 2 points (régularisation L. 435-1 et L. 435-4 inapplicable, titres pluriannuels indisponibles).
« Les Algériens peuvent demander la régularisation par les métiers en tension »
→ FAUX. L'article L. 435-4 (loi Darmanin 2024) ne s'applique PAS aux Algériens. L'accord 1968 prime sur le CESEDA (article 55 Constitution). Les voies de régularisation pour Algériens sont : 10 ans de présence habituelle (article 6, 1° ; 15 ans si vous avez été étudiant durant la période), conjoint de Français, parent d'enfant français.
« L'accord 1968 va être supprimé en 2026 »
→ FAUX à ce jour. Le dossier d'un 4ème avenant a été officiellement rouvert le 1er juin 2026 (rencontre à Paris entre les ministres de l'Intérieur français et algérien), sur la base de propositions françaises encore à venir — mais l'accord reste pleinement en vigueur et aucune règle n'a changé. La dénonciation unilatérale est juridiquement possible mais aurait des conséquences diplomatiques majeures. Veille à suivre, mais pas d'urgence.
« Le certificat de résidence 10 ans est plus difficile pour les Algériens »
→ FAUX. C'est l'inverse : les Algériens y accèdent PLUS rapidement dans certains cas. Conjoint de Français : 1 an de mariage suffit (vs 3 ans CESEDA). Parent d'enfant français : sans condition de durée. Travailleur : après 3 ans de certificat 1 an renouvelé.
Les 6 AVANTAGES de l'accord 1968 par rapport au CESEDA
Beaucoup pensent à tort que le statut algérien est défavorable. En réalité, sur 6 points majeurs, vous êtes MIEUX protégé que les autres étrangers extra-UE.
1. Carte 10 ans plus rapide pour conjoint de Français (1 an de mariage)
L'article 7 bis de l'accord prévoit la délivrance d'un certificat de résidence 10 ans aux conjoints de Français après seulement 1 AN de mariage et de communauté de vie. Le CESEDA exige 3 ans de mariage pour les autres nationalités. Avantage MAJEUR pour les couples mixtes.
2. Accès au RSA sans la condition de 5 ans
Pour les étrangers non européens, le RSA exige en principe 5 ans de détention d'un titre permettant de travailler. Cette condition n'est PAS applicable aux ressortissants algériens (confirmé par service-public.fr) : un Algérien en séjour régulier et stable peut y prétendre sans ce délai. À distinguer de l'ASPA (minimum vieillesse), qui obéit à ses propres conditions de résidence — à vérifier auprès de la Cnav/Carsat selon votre situation.
3. Regroupement familial allégé
Le titre 2 de l'accord prévoit un régime de regroupement familial proche du droit commun MAIS avec des conditions de logement et de ressources souvent appliquées plus souplement par les préfectures (jurisprudence). Délais de traitement parfois plus rapides.
4. Sécurité juridique du certificat de résidence 10 ans
Une fois obtenu, le certificat 10 ans est renouvelable de plein droit. Pas de remise en cause sauf condamnation pénale très grave. La pratique des préfectures est plus stable qu'avec les cartes pluriannuelles CESEDA (qui peuvent être refusées en renouvellement).
5. Parent d'enfant français : protection forte
L'article 6-4° de l'accord protège le parent d'enfant français résidant en France et contribuant à son éducation/entretien. Délivrance d'un certificat de résidence 1 an de plein droit. Aucune condition de durée de présence préalable.
6. Liberté de circulation favorisée
Les titulaires de certificat 10 ans bénéficient d'une plus grande facilité pour circuler entre la France et l'Algérie (sortie/retour) sans risquer de perdre leur titre, sous réserve de ne pas s'absenter plus de 3 années consécutives.
Les 4 LIMITES de l'accord 1968 — et les alternatives légales
Sur 4 points, l'accord est plus restrictif que le CESEDA. Pour chaque limite, voici les solutions concrètes qui s'ouvrent à vous.
Limite 1 : Pas de régularisation par les métiers en tension (L. 435-4)
Le problème : L'article L. 435-4 du CESEDA permet aux étrangers travaillant 12 mois sur 24 dans un métier en tension de se régulariser jusqu'au 31 décembre 2026. Cette voie N'EST PAS OUVERTE aux Algériens en raison de la primauté de l'accord 1968 qui ne prévoit pas ce dispositif.
✓ Solutions concrètes : Voies alternatives ouvertes aux Algériens : (1) Article 6 (1°) : 10 ans de présence habituelle (15 ans si vous avez séjourné en qualité d'étudiant durant cette période) ; (2) Mariage avec Français + 1 an de communauté de vie ; (3) Devenir parent d'enfant français ; (4) Voie humanitaire exceptionnelle au cas par cas. Consultation avocat spécialisé fortement recommandée.
Le problème : La loi du 7 mars 2016 a créé les titres pluriannuels (2 à 4 ans) pour fluidifier les renouvellements. Les Algériens en sont exclus : ils alternent certificat 1 an / 10 ans. Inconvénient : passage en préfecture plus fréquent au début du parcours.
✓ Solutions concrètes : (1) Maximiser le respect des conditions pour passer rapidement de 1 an à 10 ans ; (2) Préparer 6 mois à l'avance le passage en certificat 10 ans (article 6 ou 7) ; (3) En attendant, demander le renouvellement 2-3 mois avant échéance pour éviter rupture.
Limite 3 : Régularisation par ancienneté : 10 ans (ou 15 ans si vous avez été étudiant)
Le problème : L'article 6 (1°) prévoit la délivrance d'un certificat de résidence à l'Algérien justifiant de 10 ans de présence habituelle en France. Ce délai est porté à 15 ans (règle textuelle de l'accord, pas une simple pratique) si l'intéressé a séjourné en qualité d'étudiant pendant tout ou partie de cette période. La difficulté réelle tient à la preuve : il faut documenter une présence continue sur 10 à 15 ans.
✓ Solutions concrètes : (1) Constituer un dossier de présence ULTRA-DOCUMENTÉ (factures, baux, certificats médicaux, scolarité enfants, déclarations fiscales) sur 10-15 ans ; (2) Joindre attestations associations, employeurs, voisins ; (3) En cas de refus 10 ans : recours TA dans les 2 mois ; (4) Étudier en parallèle d'autres voies (mariage, enfant français).
Limite 4 : Pas d'accès au passeport talent / carte chercheur / carte étudiant programme
Le problème : Les statuts modernes du CESEDA (passeport talent, carte chercheur, carte étudiant programme mobilité) ne sont PAS ouverts aux Algériens. Pour les profils hautement qualifiés, c'est un manque.
✓ Solutions concrètes : (1) Pour les chercheurs : convention d'accueil + certificat de résidence article 7 ; (2) Pour les diplômés : APS dans le cadre de l'article 7 bis si accord employeur ; (3) Pour les hauts talents : entreprises peuvent négocier au cas par cas des autorisations de travail ; (4) Voie naturalisation française pour libérer les droits.
Quelle procédure pour votre situation ?
Identifiez votre cas et suivez la procédure étape par étape. Chaque voie est encadrée par un article précis de l'accord 1968.
Régularisation par 10 ans de présence (article 6-1°)
Constituer dossier de présence sur 10-15 ans (factures, baux, fiches paie, médical, scolarité)
Demande de rendez-vous préfecture (souvent via plateforme dématérialisée)
Dépôt avec dossier complet + extrait de casier judiciaire algérien apostillé
Récépissé pendant l'instruction (3-12 mois)
Si refus : recours TA sous 2 mois (effet suspensif)
Mariage avec ressortissant français (article 6-2°)
Mariage civil en mairie (français ou consulat algérien)
Vie commune effective d'au moins 1 AN avant la demande (vs 3 ans CESEDA)
Demande de certificat de résidence 1 an mention 'vie privée et familiale'
Renouvellement certificat 1 an puis passage en certificat 10 ans (article 7 bis)
Naturalisation accessible après 4 ans de mariage
Parent d'enfant français (article 6-4°)
Reconnaissance / établissement de filiation de l'enfant français
Justifier de la contribution à l'entretien et l'éducation depuis la naissance
Demande de certificat de résidence 1 an de plein droit
Aucune condition de durée de présence préalable
Renouvellement automatique tant que la contribution est maintenue
Travailleur salarié — passage 1 an → 10 ans
Obtenir un certificat de résidence 1 an mention 'salarié' (article 7)
Renouveler 3 fois (3 ans de séjour régulier)
Solliciter un certificat de résidence 10 ans (article 7 bis)
4ème avenant : le dossier rouvert en juin 2026 — où en est-on
Le 1er juin 2026, le ministre de l'Intérieur français Laurent Nuñez a reçu à Paris son homologue algérien Saïd Sayoud. À l'issue de cette rencontre, les deux pays ont officiellement acté la réouverture du dossier de l'accord de 1968, sur la base de « propositions concrètes à venir à l'initiative de la France ». C'est une étape réelle par rapport au groupe technique resté sans avancée depuis 2022 — mais ça reste, à ce stade, une réouverture de discussions, pas un texte négocié ni signé.
La France doit d'abord formuler ses propositions détaillées — aucune n'était rendue publique à la mi-août 2026.
Thèmes rapportés par la presse (non confirmés officiellement à ce stade) : regroupement familial, titres de séjour, statut des étudiants, coopération sur les laissez-passer consulaires pour les éloignements.
Aucun calendrier de négociation n'a été communiqué publiquement.
⚠ Aucune urgence à agir : l'accord 1968 s'applique toujours dans sa forme actuelle (3 avenants 1985 · 1994 · 2001) et rien ne change pour les certificats de résidence en cours ou à demander. Cette page sera mise à jour dès qu'une proposition concrète sera rendue publique — voir les sources ci-dessous.
Reprise des expulsions vers l'Algérie depuis 2026 — ce que ça change concrètement
Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez s'est rendu à Alger les 16 et 17 février 2026 pour, entre autres sujets, accélérer la délivrance de laissez-passer consulaires par l'Algérie — documents sans lesquels une OQTF ne peut pas être exécutée, même validée par le tribunal administratif. Les autorités algériennes ont depuis recommencé à en délivrer : 150 depuis février 2026, selon une information franceinfo du 18 mai 2026. Concrètement, un dossier algérien avec OQTF confirmée qui « dormait » faute de laissez-passer peut désormais être exécuté. Cela ne change rien au droit applicable (l'accord de 1968 et ses protections restent identiques) : c'est l'exécution matérielle des décisions déjà prises qui redevient possible. Si vous avez une OQTF en cours, ce n'est pas un motif pour en demander l'annulation, mais une raison supplémentaire de ne pas laisser un recours pendant sans suivi.
Algériens en France : chiffres clés et contexte 2024
~740 000
Titres valides (2023)
2ème
Communauté extra-UE
~60 000
Primo-arrivants/an
~40 %
En Île-de-France
Spécificité algérienne : La communauté algérienne est la 2ème communauté extra-UE en France, après les Marocains (~860 000 titres). Elle est soumise à un régime juridique distinct de toutes les autres nationalités extra-UE — l'accord de 1968 créant une catégorie propre de titres (certificats de résidence) non équivalents aux cartes de séjour du CESEDA. Cette singularité génère des erreurs fréquentes en préfecture, d'où l'importance de connaître précisément les articles applicables.
Délais de traitement : Dans les préfectures les plus chargées (Paris, Bobigny, Versailles, Lyon), les délais d'instruction des certificats de résidence algériens atteignent 12-24 mois en 2025. L'attestation de prolongation d'instruction (à demander sur ANEF après la date d'expiration du titre) est indispensable pour maintenir le droit au séjour et au travail pendant toute cette période.
Sources : Ministère de l'Intérieur — Statistiques immigration 2023 ; OCDE Perspectives des migrations 2024 ; GISTI rapports 2024.
Examen civique depuis le 1er janvier 2026 — situation des Algériens
Depuis le 1er janvier 2026, la réussite de l'examen civique est exigée pour la délivrance d'une carte de résident. Dans son avis du 13 novembre 2025, le Conseil d'État a précisé que les accords bilatéraux ne font pas obstacle à cette exigence. Concrètement, le certificat de résidence 10 ansalgérien (titre équivalent issu de l'accord 1968) est donc concerné.
Position des préfectures en 2026
À la suite de cet avis, les préfectures appliquent l'examen civique aux demandes de certificat de résidence 10 ans des ressortissants algériens. Préparez-vous donc à l'examen même si votre dossier relève de l'accord 1968.
Format de l'examen (identique pour tous)
40 QCM — 45 minutes — seuil 80 % (32/40). Domaines : valeurs républicaines, institutions, droits/devoirs, histoire/géographie, vie sociale. → Se préparer à l'examen civique
Point de vigilance
L'avis du Conseil d'État de novembre 2025 retire à l'accord 1968 son effet de dispense : invoquer l'accord pour échapper à l'examen a désormais peu de chances d'aboutir. Mieux vaut préparer et passer l'examen. Pour toute difficulté sur un autre motif, l'appui du GISTI ou d'un avocat spécialisé reste utile.
Questions fréquentes
Oui. L'accord du 27 décembre 1968, modifié par 3 avenants (1985, 1994, 2001), reste pleinement en vigueur. Le dossier d'un 4ème avenant a été officiellement rouvert le 1er juin 2026, lors d'une rencontre à Paris entre les ministres de l'Intérieur français (Laurent Nuñez) et algérien (Saïd Sayoud), sur la base de propositions françaises encore à formuler. Aucune proposition détaillée n'a été rendue publique à ce stade et aucune signature n'est intervenue. Les ressortissants algériens demeurent intégralement soumis à l'accord actuel et exclus du CESEDA pour ce qu'il régit.
Non. L'article L. 435-4 du CESEDA (créé par loi Darmanin 2024) ne s'applique PAS aux ressortissants algériens. L'accord 1968 prime sur le CESEDA en vertu de l'article 55 de la Constitution. Solutions alternatives pour Algériens sans-papiers : 10 ans de présence (article 6-1°), mariage français, parent enfant français, voie humanitaire exceptionnelle.
Certificat 1 AN : titre temporaire renouvelable annuellement, délivré pour mariage, travail, études, motif humanitaire. Certificat 10 ANS : titre stable renouvelable de plein droit, accessible après 3 ans de certificat 1 an pour travailleur (article 7 bis), 1 an de mariage avec Français, 10 ans de présence (article 6-1°). Pas de pluriannuel 2-4 ans pour Algériens.
Plusieurs voies : (1) ARTICLE 7 BIS — 3 ans de certificat 1 an mention salarié, ressources stables ; (2) conjoint français — 1 an de mariage et vie commune (2 ans avant 1985, 1 an depuis avenant 1985) ; (3) ARTICLE 6-1° — 10 ans de présence ; (4) enfant français À CHARGE — sous conditions. Demande à formuler en préfecture avec dossier complet 2-3 mois avant l'échéance du certificat 1 an.
Oui, en principe dès la délivrance du certificat de résidence, sous réserve d'une résidence régulière et stable en France. Le protocole annexe à l'accord 1968 prévoit une égalité de traitement en matière de prestations sociales : pas besoin d'attendre 5 ans (contrairement aux autres étrangers extra-UE soumis au CESEDA). Les allocations familiales et l'ASPA suivent la même logique. C'est un avantage important du statut.
Oui, sous 2 conditions cumulatives : (1) mariage célébré en France ou transcrit régulièrement (mariage en Algérie + transcription consulaire) ; (2) VIE commune effective D'AU MOINS 1 AN. La régularisation se fait par certificat de résidence 1 an mention 'vie privée et familiale'. Documents : acte mariage, justificatifs vie commune (baux communs, factures, photos, attestations). Démarche en préfecture du domicile.
Oui dans certains cas : les dispositions du CESEDA s'appliquent aux Algériens uniquement si l'accord ne traite pas de la matière concernée (ex : naturalisation française qui relève du Code civil, pas de l'accord). Mais pour TOUT ce qui concerne le séjour, la circulation et l'emploi, c'est l'accord qui prime. En cas de doute : avocat spécialisé indispensable.
(1) recours gracieux préfet : 2 mois (peu efficace, mais possible) ; (2) recours hiérarchique Ministre Intérieur : 2 mois (peu efficace) ; (3) recours contentieux tribunal administratif : 2 mois (le plus efficace, effet suspensif si OQTF jointe). Argument central : violation de l'accord franco-algérien (priorité sur CESEDA), atteinte vie privée et familiale (article 8 CEDH). Avocat spécialisé recommandé. Aide juridictionnelle gratuite si revenus modestes.
L'accord 1968 n'est pas un bouclier absolu contre une OQTF, mais il constitue un argument juridique fort en cas de recours. Si la préfecture a motivé l'OQTF en invoquant un article du CESEDA qui ne s'applique pas aux Algériens (ex : L. 435-4, titres pluriannuels), le tribunal administratif peut annuler à la fois le refus de titre ET l'OQTF. En cas d'OQTF, invoquez systématiquement la primauté de l'accord dans votre mémoire de recours. La GISTI et les avocats spécialisés en droit des étrangers maîtrisent ces arguments.
Oui, depuis février 2026. Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez s'est rendu à Alger les 16-17 février 2026 notamment pour accélérer la délivrance de laissez-passer consulaires. Selon franceinfo (18 mai 2026), les autorités algériennes en ont depuis délivré 150, débloquant l'exécution d'OQTF qui étaient jusque-là suspendues faute de document de voyage reconnu par l'Algérie. Le droit applicable (accord de 1968, motifs et recours contre l'OQTF) n'a pas changé : c'est uniquement l'exécution matérielle des décisions déjà validées qui redevient possible dans certains dossiers.
C'est malheureusement documenté : certaines préfectures instruisent les dossiers algériens sous droit commun CESEDA par défaut. Actions recommandées : (1) Mentionnez explicitement l'article applicable de l'accord 1968 dès la demande écrite — cela crée une trace opposable ; (2) En cas de refus, saisissez le tribunal administratif sous 2 mois en soulevant la violation de l'accord (argument de droit qui s'impose au tribunal) ; (3) Vous pouvez aussi signaler la situation au Défenseur des droits (defenseur-des-droits.fr) qui peut intervenir en médiation. Des décisions TA annulent régulièrement ces refus mal fondés.
Ce que les ressortissants confirment sur le terrain
Sources : GISTI, Village de la Justice, Info droits étrangers, analyses d'avocats spécialisés — données 2025-2026.
L. 435-4 (métiers en tension) inapplicable aux Algériens
Des ressortissants algériens engagent régulièrement une démarche L. 435-4 sur les conseils de collègues d'autres nationalités, pour finalement se voir opposer un refus : cette voie relève du CESEDA, qui ne s'applique pas aux Algériens sur le fond du droit au séjour. L'accord de 1968 prime, mais ne prévoit pas ce mécanisme. Sources : Village Justice, Info droits étrangers.
Préfectures appliquant le CESEDA par défaut — recours souvent gagnants
Des sources juridiques (GISTI, Défenseur des droits, avocats spécialisés) documentent des cas où des préfectures motivent un refus en invoquant des articles du CESEDA inapplicables aux Algériens. Des usagers obtiennent l'annulation de ces décisions au tribunal administratif — mais après plusieurs mois de procédure. Mentionner explicitement l'article applicable de l'accord dans toute demande permet d'éviter ce biais dès le guichet.
Attestation de dépôt ANEF ≠ attestation de prolongation d'instruction
Des usagers ont été contrôlés avec l'attestation de dépôt seule, se retrouvant en situation fragile : contrairement à l'attestation de dépôt en ligne, l'attestation de prolongation d'instruction (mise à disposition via le compte ANEF quand l'instruction dépasse la validité du document détenu) permet, avec le document expiré, de justifier de la régularité du séjour (article R. 431-15-1 du CESEDA, cité au point 21 de la décision CE n°502860, qui ne vise pas spécifiquement les certificats de résidence algériens). Sources : ANEF préfectures, Info droits étrangers.
Citer l'article exact de l'accord dans chaque demande
Des retours d'avocats et d'associations recommandent de mentionner systématiquement l'article applicable de l'accord franco-algérien (ex. : « article 7 bis de l'accord du 27 décembre 1968 ») dans la lettre de demande et sur le formulaire ANEF. Ce réflexe évite que le dossier soit instruit sous CESEDA par erreur de guichet.
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Originaire du Grand Maghreb, installé en France depuis 2017. A traversé personnellement les démarches de titre de séjour et la procédure de naturalisation. DémarchesÉtrangers est né de cette expérience, pour rendre l'information accessible à tous les étrangers en France.