Mis à jour Juin 2026

Carte de séjour travailleur saisonnier 2026 — Conditions et documents

Vous voulez travailler de façon saisonnière en France (vendanges, ski, hôtellerie balnéaire) ? La carte pluriannuelle « saisonnier » vous permet de revenir jusqu'à 6 mois par an pendant 3 ans sans refaire les démarches. Ce guide détaille les 6 conditions, le coût total (150 € depuis le 1er mai 2026 pour la validation VLS-TS), les salaires par secteur, et les pièges à éviter (employeur frauduleux, dépassement 6 mois).

Nouveaux tarifs en vigueur depuis le 1er mai 2026

Taxe OFII saisonnier : 100 € (vs 225 € avant) + timbre fiscal : 50 € (vs 25 € avant) = 150 € total (vs 250 € avant, LF 2026). Si dossier déposé avant le 1er mai 2026 : anciens tarifs applicables (récépissé ANEF horodaté = preuve).
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Durée de la carte

3 ans (pluriannuelle)

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Durée de séjour max/an

6 mois par an

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Coût (depuis 1/5/2026)

150 € total (100 € OFII + 50 € timbre)

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Travail autorisé

Saisonnier uniquement

La carte saisonnier se distingue de la carte salarié classique sur un point essentiel : c'est la seule carte pluriannuelle accessible sans niveau de français requis ni examen civique. Elle cible les travailleurs qui reviennent régulièrement — Marocains des vendanges bourguignonnes, Tunisiens des stations balnéaires, ressortissants sahéliens des chantiers BTP estivaux — et évite de refaire chaque année le circuit DREETS + consulat + OFII. En contrepartie, elle impose une condition vérifiée à chaque renouvellement : la résidence principale doit rester à l'étranger. Un saisonnier qui s'installe progressivement en France sans changer de statut risque le retrait de sa carte et une interdiction de revenir.

6 conditions pour obtenir la carte

1. Contrat de travail saisonnier

Un ou plusieurs contrats saisonniers, totalisant 3 à 6 mois par an. Mêmes ou différents employeurs en France. Activité reconnue comme saisonnière par le code du travail.

2. Résidence principale hors de France

Le domicile habituel doit être à l'étranger. Vous venez en France uniquement pour la saison. Si vous vivez 12 mois/12 en France : autre statut (carte salarié).

3. Expérience préalable en France (pour la CSP)

Pour la carte pluriannuelle 3 ans : avoir déjà été employé une saison antérieure (preuve par contrat précédent + attestation employeur).

4. Autorisation de travail DREETS

L'employeur dépose la demande d'autorisation de travail via la plateforme dématérialisée DREETS. Délai 1-2 mois. Sans autorisation : titre refusé.

5. Respect du droit du travail français

SMIC obligatoire (~1 800 €/mois brut en 2026), 35h/semaine légale, congés payés, conventions collectives applicables (vendanges, hôtellerie, etc.).

6. Pas de menace pour l'ordre public

Casier judiciaire compatible (du pays d'origine ET français si déjà venu). Petites infractions tolérées. Condamnations graves = refus probable.

Carte de séjour travailleur saisonnier : procédure en 5 étapes

1

L'employeur dépose une demande d'autorisation de travail

1-2 mois

Via la plateforme dématérialisée DREETS. Délai 1-2 mois. L'employeur doit prouver le caractère saisonnier de l'activité et le respect du droit du travail.

2

Demande de visa long séjour saisonnier au consulat

1-2 mois

Une fois l'autorisation DREETS obtenue : demande de VLS-TS « travailleur saisonnier » au consulat de France du pays d'origine. Frais 99 €.

3

Arrivée en France et visite OFII

1-3 semaines après arrivée

Validation du VLS-TS saisonnier sur ANEF (100 € taxe OFII + 50 € timbre = 150 € total). Convocation OFII reçue par mail pour la visite médicale obligatoire à effectuer dans les 3 mois. Vérification de la situation et du contrat.

4

Demande de carte pluriannuelle saisonnier (si éligible)

1-3 mois

Pour les saisons suivantes : si vous avez fait ≥ 1 saison, demande de carte 3 ans saisonnier en préfecture (ANEF). Évite de refaire DREETS chaque année.

5

Carte délivrée — 3 ans, 6 mois max/an

Validité 3 ans

Carte de séjour mention « saisonnier » valide 3 ans. Permet de travailler 3 à 6 mois/an pendant 3 ans sans refaire les démarches. Quitter France entre saisons obligatoire.

La réalité des saisons agricoles impose un calendrier que les démarches administratives doivent intégrer avec précision. Les vendanges bourguignonnes et bordelaises débutent fin août à début septembre — ce qui signifie que l'autorisation DREETS doit être déposée par l'employeur en juin au plus tard, le visa demandé en juillet. Pour le tourisme hivernal, les stations de ski ouvrent mi-décembre : l'autorisation DREETS doit partir en septembre. Le décalage de 2 à 3 mois entre la demande et l'arrivée effective est la réalité terrain — pas les « 1 à 2 mois » des délais théoriques. Un employeur qui déclenche la DREETS trop tard contraint le saisonnier à manquer tout ou partie de la saison, sans indemnisation possible.

Secteurs d'activité et salaires 2026

SecteurExemplesSalaire indicatif
AgricultureVendanges (sept-oct), cueillette fruits (juin-sept), maraîchage, récoltesSMIC, ~1 800 €/mois brut + heures supp
Tourisme / hôtellerieStations de ski (déc-avr), stations balnéaires (juin-sept), camping, hôtelsSMIC à 1.2 SMIC selon poste + pourboires
BTP saisonnierChantiers à durée limitée liés à des pics d'activité1.0-1.3 SMIC selon qualification
Restauration saisonnièreRestaurants de bord de mer ou montagne, ouverts en saisonSMIC + service (souvent 12-15% en plus)
Manutention / logistiquePic e-commerce (octobre-décembre), entrepôts saisonniersSMIC à 1.1 SMIC

Documents à fournir (10 pièces)

Passeport en cours de validité (toutes pages)

Contrat de travail saisonnier signé par les 2 parties

Autorisation de travail DREETS (fournie par employeur)

Justificatif de domicile à l'étranger (résidence principale)

Lettre de l'employeur confirmant l'embauche saisonnière

Attestation des saisons précédentes (pour le renouvellement et la 1ère pluriannuelle)

3 photos d'identité (normes officielles)

Justificatif de paiement de la taxe OFII (100 €) + timbre fiscal (50 €) — total 150 €

Casier judiciaire pays d'origine (apostillé + traduit)

Convocation OFII — visite médicale primo-arrivant à effectuer dans les 3 mois suivant l'arrivée

Carte de séjour travailleur saisonnier : 5 pièges à éviter absolument

Piège 1 : Employeur frauduleux

Pourquoi : Certains employeurs proposent des contrats saisonniers fictifs ou ne paient pas les charges sociales. Vous pouvez vous retrouver sans droits.

✓ Comment l'éviter : Vérifier l'entreprise (Kbis, SIRET sur infogreffe.fr). Demander attestations URSSAF. Contacter inspection du travail si suspicion. Préférer entreprises connues du secteur.

Piège 2 : Dépasser les 6 mois/an

Pourquoi : Au-delà de 6 mois, vous violez la condition de la carte saisonnier. Risque de retrait du titre + interdiction de revenir.

✓ Comment l'éviter : Compter précisément les jours présents en France. Quitter le territoire AVANT les 6 mois. Garder preuves (billets, cachets passeport).

Piège 3 : Ne pas avoir de domicile prouvé à l'étranger

Pourquoi : Un saisonnier sans domicile à l'étranger est considéré comme cherchant à s'installer en France = refus du titre.

✓ Comment l'éviter : Conserver bail/propriété au pays d'origine. Factures à votre nom (eau, électricité, internet) prouvant la résidence principale. Famille restée au pays.

Piège 4 : Ne pas faire la visite médicale OFII

Pourquoi : Visite obligatoire dans les 3 mois après arrivée. Sans elle : visa caduc.

✓ Comment l'éviter : Convocation OFII reçue par mail. Aller au RDV. Valider d'abord le VLS-TS sur ANEF (150 € : 100 € OFII + 50 € timbre). La visite médicale elle-même est gratuite pour le saisonnier.

Piège 5 : Travailler hors du contrat saisonnier

Pourquoi : La carte saisonnier limite à l'activité saisonnière déclarée. Travailler en dehors = travail illégal.

✓ Comment l'éviter : Activité saisonnière uniquement. Si vous voulez d'autres revenus : changer de statut vers carte salarié classique.

Après plusieurs saisons, la question de l'installation durable en France devient naturelle. La carte saisonnier n'est pas un tremplin automatique vers la résidence permanente — les années passées sous ce statut ne génèrent pas de droits au regroupement familial, à la Sécurité sociale complète, ni à la carte de résident 10 ans. Le passage vers un statut stable nécessite un changement de catégorie : carte salarié si l'employeur bascule vers un CDI à temps plein, carte talent si les conditions de rémunération et de diplôme sont remplies, ou régularisation L435-4 si le métier figure sur la liste des métiers en tension. Ces voies s'anticipent — elles ne s'ouvrent pas en urgence en fin de saison.

Titre de séjour bloqué : les recours

L'employeur refuse de faire la DREETS

(1) Insister avec procédure clé en main (formulaires pré-remplis). (2) Changer d'employeur. (3) Si discrimination explicite : saisir DREETS pour signalement. (4) Voie alternative : visa salarié classique (autre cadre).

Vous voulez vous installer durablement en France

La carte saisonnier ne le permet pas. Solutions : (1) Changement de statut vers carte salarié classique (DREETS, 1 an renouvelable) ; (2) Mariage avec Français/UE = carte VPF de plein droit ; (3) Carte talent si profil qualifié ; (4) Régularisation L. 435-4 si métier en tension.

Refus de visa au consulat

(1) Recours TA Nantes (compétent visas) sous 2 mois. (2) Recours hiérarchique consulat. (3) Compléments dossier (preuves résidence pays origine, antériorité saison). (4) Avocat spécialisé immigration.

Le saisonnier veut faire venir sa famille

regroupement familial classique non applicable (carte saisonnier). La famille reste au pays. Pour faire venir famille : changer de statut (carte salarié + 18 mois = regroupement) ou autre voie.

Résidence principale obligatoirement à l'étranger

La carte saisonnier est réservée aux personnes dont le domicile habituel est à l'étranger. Si vous vivez en France toute l'année, ce titre n'est pas adapté — il vous faudra une carte de séjour temporaire « salarié » ou « vie privée et familiale ».

Questions fréquentes

Ce que les travailleurs saisonniers rapportent sur leur carte de séjour

Durée de travail autorisée et renouvellements que les travailleurs saisonniers rapportent.

Carte 3 ans ≠ autorisation de travailler automatique

La durée du titre (3 ans) est distincte de l'autorisation de travailler. L'employeur doit déposer une nouvelle demande d'autorisation auprès de la DREETS avant chaque saison, même pour le même salarié. Un dépôt tardif bloque l'entrée légale pour la saison concernée.

Le retour en fin de saison doit être prouvé

La préfecture peut refuser le renouvellement si le travailleur ne prouve pas qu'il est rentré dans son pays entre les saisons. Aucun tampon de sortie n'est imposé automatiquement — c'est au travailleur de conserver les justificatifs (billets retour, attestation OFII, justificatif de domicile étranger).

Constituer le dossier de retour avant de partir

Garder systématiquement : billets d'avion utilisés (numéro de vol), attestation de passage OFII (programmes THAMM pour Tunisie/Maroc), justificatif de domicile dans le pays d'origine pendant la période hors France. Ces documents sont difficiles à reconstituer après coup.

Demande d'autorisation : dossier 2 mois avant la saison

Les délais d'instruction à la DREETS peuvent atteindre 6 à 8 semaines selon les régions. Prévenir l'employeur dès janvier-février pour une saison démarrant en mars-avril permet d'éviter tout retard d'entrée sur le territoire.

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Amine · À propos de l'auteur

Originaire du Grand Maghreb, installé en France depuis 2017. A traversé personnellement les démarches de titre de séjour et la procédure de naturalisation. DémarchesÉtrangers est né de cette expérience, pour rendre l'information accessible à tous les étrangers en France.

Guide pratique basé sur les sources officielles (Légifrance, Service-Public.fr). Ce contenu ne constitue pas un conseil juridique. Pour votre situation personnelle, consultez un avocat spécialisé en droit des étrangers.

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