Visa vacances-travail (PVT) en France : pays, conditions et démarche en 2026
Le programme vacances-travail laisse de jeunes ressortissants de certains pays vivre un an en France en y travaillant librement. Mais beaucoup de pages en circulation se trompent sur deux points qui font perdre du temps : la liste réelle des pays (ni la Belgique ni la Russie n'en font partie) et l'âge limite. Ce guide s'en tient à la liste officielle de France Diplomatie, explique les conditions, la démarche, et ce qu'on peut faire à la fin du PVT pour rester.
Deux erreurs fréquentes à écarter d'emblée
La Belgique n'ouvre pas de PVT (libre circulation dans l'UE) et la Russie ne figure pas dans les accords en vigueur. Et l'âge va jusqu'à 35 ans uniquement pour l'Australie, le Canada et l'Argentine — méfiez-vous des sources annonçant d'autres pays à 35 ans.
15 pays
Liste France Diplomatie
1 an
Non prolongeable
18-30
Ans (35 : AU/CA/AR)
Travail libre
Tous secteurs
La liste réelle des pays partenaires
C'est le point le plus souvent faux ailleurs. La liste de référence est celle de France Diplomatie : 15 pays et territoires. L'âge va jusqu'à 35 ans seulement pour l'Australie, le Canada et l'Argentine ; partout ailleurs, c'est 18-30 ans révolus à la date de la demande.
Pays / territoire
Âge
Quota
Argentine
18-35 ans
~1 200 places/an
Australie
18-35 ans
Illimité
Brésil
18-30 ans
~500 places/an
Canada
18-35 ans
7 000 places/an — tirage au sort
Chili
18-30 ans
400 places/an
Colombie
18-30 ans
400 places/an
Corée du Sud
18-30 ans
~2 000 places/an
Équateur
18-30 ans
~300 places/an
Hong Kong
18-30 ans
~750 places/an
Japon
18-30 ans
~1 500 places/an — très demandé
Mexique
18-30 ans
~300 places/an
Nouvelle-Zélande
18-30 ans
Illimité
Pérou
18-30 ans
~300 places/an
Taïwan
18-30 ans
~500 places/an
Uruguay
18-30 ans
~300 places/an
Les accords bilatéraux et les contingents évoluent : confirmez la liste, l'âge et le quota du pays sur France-Visas ou France Diplomatie avant toute démarche.
La démarche, étape par étape
La procédure PVT commence plusieurs mois avant le départ, notamment pour les pays à quota où les places sont limitées. La durée totale entre la constitution du dossier et l'arrivée en France est généralement de 3 à 5 mois.
1
Vérifier l'éligibilité
Vérification immédiate
Être ressortissant d'un des pays partenaires ; avoir l'âge requis à la date de la demande (18-30 ans, ou jusqu'à 35 ans pour l'Australie, le Canada et l'Argentine) ; venir sans personne à charge ; disposer d'une couverture santé/rapatriement et de ressources suffisantes.
2
Constituer le dossier
≈ 1 mois pour rassembler
Passeport valide, formulaire, photos, justificatif de ressources, assurance privée couvrant maladie, hospitalisation et rapatriement pour toute la durée, et un billet de retour ou les ressources pour l'acheter. Selon le pays, certificat médical ou casier judiciaire.
3
Déposer la demande
Délai consulaire 1 à 3 mois
En règle générale, demande de visa long séjour au consulat de France de votre pays de résidence, via France-Visas. Cas particuliers : la demande se fait en ligne pour l'Australie et, depuis 2023, pour le Chili (auprès des services concernés).
4
Délivrance du visa long séjour temporaire
1 à 2 mois après le dépôt
Visa de long séjour temporaire « vacances-travail », à entrées multiples, valable un an. Il permet de travailler librement et de circuler dans l'espace Schengen pendant le séjour. Il n'est pas prolongeable.
5
Arrivée en France
Démarches dans le mois suivant l'arrivée
Pas de validation OFII pour ce visa temporaire. Ouverture d'un compte bancaire avec passeport, visa et justificatif de domicile ; affiliation santé selon votre situation (voir le Cleiss). Recherche d'emploi libre.
Ce que le PVT permet
Le visa PVT confère des droits plus étendus qu'un visa touriste classique, notamment en matière de travail. Ces droits sont définis par les accords bilatéraux et valent pour la durée du visa, sans restriction de secteur ou d'employeur.
Travailler librement
Tout secteur, tout employeur, CDI/CDD/intérim/saisonnier : pas d'autorisation de travail ni de durée minimale par employeur.
Voyager dans l'espace Schengen
Le visa permet de circuler dans l'espace Schengen pendant la durée du séjour (règle des 90 jours sur 180 dans les autres États).
Suivre une formation courte
Cours de langue et formations courtes ; ce visa n'est pas conçu pour une inscription universitaire classique (voir le visa étudiant).
Être couvert pour la santé
Via l'assurance privée obligatoire souscrite pour le visa ; l'affiliation au régime français dépend de votre situation (renseignez-vous auprès du Cleiss).
Ouvrir un compte bancaire
Compte de paiement ou banque, avec passeport + visa + justificatif de domicile.
Préparer la suite
Le PVT peut servir de tremplin : un emploi ou un projet trouvé pendant l'année peut ouvrir un changement de statut avant l'expiration.
Budget réaliste pour un PVT en France
Au-delà du visa lui-même, voici les postes de dépenses à anticiper avant le départ et à l'arrivée — hors revenus du travail que vous pourrez décrocher sur place.
Poste
Montant indicatif
Note
Visa long séjour temporaire (frais consulaires)
~99 €
Selon pays — gratuit pour certains accords bilatéraux
Assurance santé/rapatriement obligatoire (1 an)
350–600 €
Contrat privé dédié PVT ou annuel international
Ressources à justifier à l'arrivée
2 500 € minimum
Variable selon pays — vérifier le montant exigé par accord
Premier mois à Paris (logement + transport + nourriture)
1 400–1 800 €
Hors Paris : 900–1 200 €/mois selon la ville
Billet aller retour (exigé ou ressources équivalentes)
Tous les montants sont indicatifs pour 2026. Les frais de visa et les ressources minimales exigées varient selon le pays d'origine et l'accord bilatéral.
Où trouver du travail avec un PVT ?
Le travail est libre avec le PVT : tout secteur, tout contrat. Voici les filières où les titulaires d'un PVT décrochent une embauche le plus rapidement, d'après les retours de terrain.
Hôtellerie-restauration
Serveur, réceptionniste, cuisinier — embauches rapides avec peu d'expérience, surtout Paris/Côte d'Azur/stations de ski
Agriculture et vendanges
Saisonnier de juin à novembre (cerises, raisins, pommes) : hébergement souvent inclus, idéal pour débuter sans logement fixe
Tech et startups (Paris/Lyon)
Ingénieurs, designers, data : le PVT travail libre est compatible avec un CDI ou une mission freelance dans la tech
Stations de ski (hiver)
Moniteur, pisteur, personnel hôtelier — embauches octobre-novembre pour la saison décembre-avril
Baby-sitting et au pair informel
Non réglementé en PVT (pas de contrat spécifique), mais emploi courant : vérifier les droits via Pajemploi
5 conseils concrets
Ces recommandations vont au-delà des indications du consulat et répondent aux questions pratiques que posent la plupart des candidats au PVT : timing, assurance, financement et orientation pour la suite.
Visez tôt les pays à quota : la plupart des pays (sauf Australie et Nouvelle-Zélande) limitent le nombre de places par an. Préparez un dossier complet avant l'ouverture des candidatures plutôt que de courir après une place.
Choisissez un pays sans quota (Australie, Nouvelle-Zélande) si vous voulez candidater à tout moment, sans la pression du contingent annuel.
Soignez l'assurance : elle est obligatoire et doit couvrir maladie, hospitalisation et rapatriement pour toute la durée. Un contrat insuffisant est un motif fréquent de refus — vérifiez les plafonds avant d'acheter.
Prévoyez un budget réaliste : au-delà du minimum exigé, anticipez le logement (souvent élevé les premières semaines) et un à deux mois avant de décrocher un emploi.
Ne confondez pas PVT et visa étudiant : le PVT privilégie le travail et la découverte, pas les études formelles. Si votre objectif est un diplôme, c'est le visa étudiant qu'il faut viser.
Visa vacances-travail (PVT) : les pièges à éviter
Plusieurs idées reçues circulent sur le PVT en France : pays éligibles erronés, âge limite mal compris, confusion sur l'assurance. Ces pièges conduisent à des dossiers refusés ou à des démarches inutiles.
Croire que la Belgique ou la Russie ouvrent un PVT pour la France
Pourquoi c'est un piège : La Belgique est dans l'UE : ses ressortissants circulent et travaillent librement, sans PVT. La Russie ne figure pas dans la liste des accords PVT en vigueur. Compter dessus fait perdre du temps.
Comment l'éviter : Se référer à la liste officielle de France Diplomatie (15 pays/territoires) avant toute démarche.
Se tromper sur l'âge limite
Pourquoi c'est un piège : C'est 18-30 ans révolus à la date de la demande, sauf Australie, Canada et Argentine (jusqu'à 35 ans). Au-delà, le refus est automatique. Méfiez-vous des informations non officielles annonçant d'autres pays à 35 ans.
Comment l'éviter : Vérifier son âge à la date du dépôt (pas d'arrivée) et confirmer la limite du pays sur France-Visas / France Diplomatie : les accords bilatéraux évoluent.
Une assurance santé inadaptée
Pourquoi c'est un piège : Le visa est refusé si l'assurance ne couvre pas l'ensemble des risques (maladie, hospitalisation, rapatriement) pour toute la durée du séjour.
Comment l'éviter : Souscrire un contrat dédié PVT couvrant explicitement ces risques et joindre l'attestation au dossier.
Penser que le PVT se prolonge
Pourquoi c'est un piège : C'est un visa d'un an, non prolongeable. À l'échéance, il faut quitter la France, sauf changement de statut anticipé.
Comment l'éviter : Si vous voulez rester, préparer la transition 6 mois avant : emploi qualifié, changement de statut salarié, ou autre fondement de séjour.
Si ça bloque, ou à la fin du PVT
Refus de visa : vérifier le motif (ressources, assurance, casier), corriger et redéposer ; en dernier recours, recours devant le tribunal administratif de Nantes (compétent pour les visas).
Trop âgé pour votre pays : au-delà de la limite, regarder le visa étudiant, le visa stage, ou la voie au pair — au pair / visa stage.
Rester après le PVT : un emploi qualifié ou un projet peut ouvrir un changement de statut — voir talent vs salarié ; à anticiper plusieurs mois avant l'échéance.
Questions fréquentes
Questions fréquentes
Un visa de long séjour temporaire, valable un an et non prolongeable, qui permet à de jeunes ressortissants de pays partenaires de séjourner en France en y travaillant librement et en voyageant. Il repose sur des accords bilatéraux : ni un visa étudiant, ni un titre de séjour classique. À l'échéance, retour au pays sauf changement de statut.
Selon la liste officielle de France Diplomatie : Argentine, Australie, Brésil, Canada, Chili, Colombie, Corée du Sud, Équateur, Hong Kong, Japon, Mexique, Nouvelle-Zélande, Pérou, Taïwan et Uruguay (15 pays/territoires). La Belgique n'est pas concernée (libre circulation UE) et la Russie ne figure pas dans les accords en vigueur. La liste pouvant évoluer, vérifiez-la avant de déposer.
18 à 30 ans révolus à la date de la demande pour la majorité des pays, et jusqu'à 35 ans pour l'Australie, le Canada et l'Argentine. Aucune source officielle ne confirme aujourd'hui d'autre pays (dont la Corée du Sud) à 35 ans : ne vous fiez pas à une information non sourcée et vérifiez sur France-Visas.
Oui : tous les pays sauf l'Australie et la Nouvelle-Zélande appliquent un nombre limité de places par an. Les contingents et leurs dates d'ouverture varient chaque année : préparez un dossier complet à l'avance et déposez dès l'ouverture pour les pays très demandés.
Vous devez disposer d'un billet de retour (ou des ressources pour l'acheter) et de ressources suffisantes pour le début du séjour, ainsi que d'une assurance privée couvrant maladie, maternité, invalidité, hospitalisation et rapatriement pour toute la durée. Les montants exacts dépendent du pays : vérifiez les exigences au moment de la demande.
Oui, le travail est libre : tout secteur, tout type de contrat, sans autorisation de travail ni durée imposée par employeur. C'est l'un des grands intérêts du dispositif, notamment pour les emplois saisonniers.
Non, il n'est pas prolongeable. Certains pays prévoient, dans leur propre dispositif, une seconde année sous conditions, mais ce n'est pas la règle générale. À l'échéance, il faut quitter la France, sauf si un changement de statut a été obtenu entre-temps.
Plusieurs voies selon votre situation : un emploi qualifié peut ouvrir une carte « talent » ou un changement de statut salarié ; un mariage ou une union avec un Français/UE ouvre un titre « vie privée et familiale » ; un projet d'études ouvre un visa étudiant. Ces démarches s'anticipent plusieurs mois avant l'expiration.
Oui, sous conditions. Les titulaires d'un PVT qui ont travaillé en France peuvent ouvrir des droits à l'assurance chômage (ARE) à condition d'avoir cotisé au moins 6 mois (182 jours ou 910 heures) dans les 24 derniers mois. La demande se fait via France Travail. Attention : l'ARE est versée en France et peut être perdue si vous quittez le territoire à l'expiration du PVT sans changement de statut.
Oui, le visa PVT est à entrées multiples : vous pouvez quitter la France temporairement (voyage, retour famille) et revenir tant que le visa est valide. Pendant les séjours dans d'autres pays Schengen, la règle des 90 jours sur 180 s'applique. En revanche, le PVT lui-même n'est pas renouvelable ni répétable : un seul visa PVT par accord bilatéral, pour une seule période d'un an.
Quotas, justificatifs et délais du PVT, d'après les retours.
Préfectures méconnaissant la procédure PVT
Des retours de forums PVT signalent régulièrement que des agents de préfecture refusent de traiter le dossier de renouvellement (APS), disent que le visa ne peut pas être prolongé, ou demandent des documents non conformes à la circulaire de 2015. En cas de refus, le contact officiel est bdcrp-dimm-dgef@interieur.gouv.fr — la plupart des titulaires PVT ignorent son existence.
Ne pas confondre validation VLS-TS et convocation OFII
La validation en ligne du VLS-TS sur ANEF doit être faite dans les 3 mois suivant l'entrée — c'est une étape distincte de la convocation OFII. En Île-de-France, la convocation OFII peut dépasser 6 mois. Des titulaires ont perdu leur statut en confondant les deux délais et en attendant la lettre OFII pour valider en ligne.
Valider le VLS-TS en ligne dans les 3 mois, sans attendre
La validation sur ANEF (administration-etrangers-en-france.interieur.gouv.fr) est obligatoire et indépendante de la convocation OFII médicale. Manquer cette fenêtre de 3 mois est l'erreur administrative la plus fréquemment signalée par les titulaires PVT en France. À faire dès la première semaine après l'entrée.
Changement de statut : briefer l'employeur 4 mois avant
La fenêtre de changement de statut vers un titre salarié s'ouvre 4 mois avant l'expiration et se ferme 2 mois avant. L'autorisation de travail (via ANEF-Emploi) est à déposer par l'employeur. Des dossiers ont manqué la fenêtre car l'employeur a été prévenu trop tard. Anticiper à 4 mois, pas à l'approche de l'expiration.
Originaire du Grand Maghreb, installé en France depuis 2017. A traversé personnellement les démarches de titre de séjour et la procédure de naturalisation. DémarchesÉtrangers est né de cette expérience, pour rendre l'information accessible à tous les étrangers en France.