Mis à jour Avril 2026

Autorisation de travail pour un salarié étranger — Guide employeur 2026

Vous voulez embaucher un salarié étranger non-européen en France ? L'employeur doit obtenir une autorisation de travail avant l'embauche, sauf si le salarié dispose d'un titre dispensant. Procédure ANEF/DREETS, délai 1-2 mois, sanctions 15 000 €/salarié si non respect. Ce guide couvre les 10 titres dispensés, les 9 documents à fournir, la procédure 5 étapes, les seuils de salaire, les métiers en tension dispensés et les sanctions.

C'est l'employeur qui fait la demande

L'autorisation de travail est demandée par l'EMPLOYEUR, pas par le salarié. Demande en ligne sur le portail ANEF du ministère de l'Intérieur. L'employeur doit détenir l'autorisation au moins 2 jours avant l'embauche.

1-2 mois

Délai DREETS

10 titres

Dispensés

2 500 €

Taxe OFII max

15 000 €

Amende sans autorisation

10 titres dispensant d'autorisation de travail

Si le salarié détient l'un de ces titres, l'employeur N'A PAS BESOIN de demander une autorisation. Procédure d'embauche standard (dpae urssaf).

Carte de séjour « vie privée et familiale »

Carte de résident (10 ans)

Carte de résident de longue durée-UE

Carte de séjour « passeport talent » (toutes mentions)

Carte de séjour « carte bleue européenne »

Visa de long séjour valant titre de séjour (VLS-TS) portant la mention « vie privée et familiale »

Carte de séjour « étudiant » (dans la limite de 964 heures/an)

Récépissé portant la mention « autorise à travailler »

Bénéficiaires d'une protection internationale (réfugiés, protection subsidiaire)

Apatrides reconnus par l'OFPRA

Autorisation de travail pour un salarié étranger : procédure en 5 étapes

1

L'employeur dépose la demande en ligne sur ANEF

Soumission : 1-2h

Portail ANEF (administration-etrangers-en-france.interieur.gouv.fr). L'employeur crée un compte et remplit le formulaire en ligne. Téléversement des pièces justificatives (PDF max 5 Mo).

2

Instruction par la DREETS

1-2 mois

Direction régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités (ex-DIRECCTE). Vérification des conditions de rémunération, logement, opposabilité emploi. Possibles demandes de pièces complémentaires.

3

Vérification de l'opposabilité de l'emploi

Inclus dans les 1-2 mois

Sauf exception (métier en tension, passeport talent…), l'employeur prouve qu'il n'a pas trouvé de candidat français/européen. Offre publiée 3 semaines sur France Travail. Bilan candidatures requis.

4

Décision et notification

À l'issue de l'instruction

ACCEPTATION : transmission à l'employeur + salarié. Le salarié peut demander visa (si à l'étranger) ou titre de séjour (si en France). REFUS : motivation écrite, recours possible. Silence > 2 mois = refus implicite.

5

Taxe employeur OFII

Avant prise de poste

L'employeur paie une taxe à l'OFII lors de la 1ère entrée en France du salarié. Montant : 55% du salaire mensuel brut, plafonné à 2 500 €. Versement avant le démarrage du contrat.

Documents à fournir par l'employeur (9 pièces)

Lettre motivant le recrutement du salarié étranger (fonctions, rémunération)

CERFA 15187*02 (si l'étranger est hors de France) ou CERFA 15186*03 (si l'étranger réside en France)

Contrat de travail ou promesse d'embauche signé par les 2 parties

Extrait K-bis de l'entreprise (ou document équivalent pour les associations)

Dernier bordereau de cotisations sociales (URSSAF) datant de moins de 6 mois

Si opposabilité de l'emploi : copie de l'offre déposée auprès de France Travail et attestation de publication pendant 3 semaines

Copie du passeport et du titre de séjour du salarié (si déjà en France)

Diplômes ou attestations de qualification du salarié

Pour métier réglementé : attestation d'autorisation d'exercice (médecin, infirmier, etc.)

Métiers en tension 2026 (dispensés d'opposabilité)

L'arrêté du 21 mai 2025 fixe la liste officielle. Pour ces métiers : pas besoin de publier l'offre 3 semaines sur France Travail. Procédure plus rapide (3-5 semaines au lieu de 1-2 mois).

SecteurMétiers concernés
BTP / ConstructionMaçon, charpentier, couvreur, menuisier, plombier, électricien, peintre
Santé / Médico-socialAide-soignant, infirmier, auxiliaire de vie, médecin (PADHUE), orthophoniste
AgricultureOuvrier agricole, viticulteur, maraîcher, ouvrier saisonnier
Industrie / LogistiqueSoudeur, opérateur production, magasinier-cariste, technicien maintenance
Hôtellerie-restaurationCuisinier, serveur, plongeur, employé d'étage
Numérique / ITDéveloppeur, ingénieur cybersécurité, data scientist, architecte logiciel
Aide à domicileAuxiliaire de vie sociale, garde d'enfants, aide ménagère

Salaires minimum par type de carte

Type de carteSeuilMontant 2026Note
Carte salarié classiqueSMIC mensuel~1 867 €/mois brut (2026)Minimum conventionnel si supérieur
Passeport talent salarié qualifiéSalaire brut de référence≥ 39 582 €/an brutMaster+ requis
Passeport talent jeune diplômé MasterSalaire brut de référence≥ 39 582 €/an brutMaster français
Carte bleue européennePlafond Sécu majoré~59 373 €/an brutDiplôme bac+3 ou 5 ans expérience
Carte saisonnierSMIC~1 867 €/mois brut+conventions collectives secteur

5 pièges côté employeur à éviter

Piège 1 : Embaucher avant d'avoir l'autorisation

Pourquoi : Délit pénal. Sanctions : 15 000 €/salarié + 5 ans de prison + interdiction d'exercer + remboursement aides publiques. Très grave.

✓ Comment l'éviter : ATTENDRE l'autorisation officielle avant de faire commencer le travail. Délai 1-2 mois — anticiper. Pendant ce temps : pas de mission, pas de salaire.

Piège 2 : Oublier la publication 3 semaines sur France Travail

Pourquoi : Sans cette publication (sauf métier tension), opposabilité non prouvée → refus de l'autorisation. Re-déposer = +1-2 mois perdus.

✓ Comment l'éviter : Publier l'offre sur France Travail AVANT de déposer la demande DREETS. Conserver l'attestation de publication. Bilan candidatures à joindre.

Piège 3 : Ne pas vérifier si le métier est en tension

Pourquoi : Si métier en tension : DISPENSE d'opposabilité = procédure plus rapide (gain 2-3 semaines).

✓ Comment l'éviter : Consulter la liste officielle des métiers en tension par région (arrêté 21 mai 2025). Si oui : ne PAS publier sur France Travail — gain de temps.

Piège 4 : Sous-payer le salarié étranger

Pourquoi : Salaire < SMIC ou < convention collective = refus DREETS. Ou refus du préfet. Sanctions URSSAF possibles.

✓ Comment l'éviter : Vérifier SMIC + convention collective applicable. Pour passeport talent salarié qualifié : ≥ 39 582 €/an. Pour carte bleue européenne : 59 373 €/an.

Piège 5 : Ne pas payer la taxe OFII

Pourquoi : Taxe obligatoire pour 1ère entrée en France. Sans paiement : visa ou titre non délivré, salarié bloqué.

✓ Comment l'éviter : Payer 55% salaire mensuel brut (plafonné 2 500 €) à l'OFII avant prise de poste. Reçu à conserver.

Autorisation de travail bloquée : solutions pratiques

Refus de l'autorisation par la DREETS

(1) Recours hiérarchique au Ministère du Travail (2 mois). (2) Recours TA (2 mois) si motif contestable. (3) Représenter le candidat avec dossier renforcé (preuves opposabilité). (4) Voie alternative : passeport talent si salarié qualifié (procédure simplifiée).

Pas de candidat français/européen trouvé

(1) Documenter rigoureusement le bilan (CV reçus, raisons rejets). (2) Élargir la diffusion (LinkedIn, Indeed, presse spécialisée). (3) Si métier en tension : pas de besoin (dispense). (4) Si métier non tension mais profil rare : argumenter spécialisation pointue.

Salarié déjà en France sans titre travail

(1) Si titre étudiant : changement de statut salarié (procédure dédiée). (2) Si VPF, talent, carte 10 ans : pas d'autorisation requise (dispense). (3) Si en attente régularisation L. 435-4 (métier tension) : voie spécifique. Avocat spécialisé recommandé.

Vous avez besoin d'embaucher rapidement

(1) Privilégier candidats déjà en France titulaires de titre dispensant (carte VPF, talent, 10 ans). (2) Métiers en tension : procédure DREETS plus rapide (3-4 semaines). (3) Stagiaire avec convention : embauche 6-12 mois pendant études.

Sanctions en cas d'emploi sans autorisation

Amende de 15 000 € par salarié étranger employé illégalement

Peine d'emprisonnement de 5 ans maximum

Interdiction d'exercer l'activité professionnelle concernée

Exclusion des marchés publics pendant 5 ans

Remboursement des aides publiques perçues dans les 12 mois précédents

URSSAF : redressement cotisations sociales + pénalités

Pour le salarié : OQTF + interdiction Schengen 5 ans

Ce qui bloque souvent — et comment l'éviter

Les bons réflexes

  • Déposer la demande 3 mois avant l'embauche : la DREETS dispose d'un délai légal de 2 mois pour statuer — anticiper évite tout retard de prise de poste.
  • Vérifier la liste des métiers en tension : si le métier figure sur la liste publiée par arrêté (renouvelée annuellement), l'opposabilité de la situation de l'emploi est levée automatiquement — le délai de traitement est réduit.
  • Joindre l'offre d'emploi publiée France Travail : la DREETS vérifie que l'employeur a tenté de recruter localement — une offre publiée 3 semaines avant renforce considérablement le dossier.

Les pièges classiques

  • Confondre autorisation de travail et titre de séjour : l'autorisation de travail est un volet du titre ou une décision distincte — elle ne remplace pas le titre de séjour portant la mention "salarié" ou "travailleur temporaire".
  • Changer d'employeur sans nouvelle autorisation : l'autorisation est nominative et liée à l'employeur — tout changement impose une nouvelle demande auprès de la DREETS.
  • Salaire inférieur au SMIC ou à la convention collective : la DREETS vérifie systématiquement que la rémunération respecte les minima légaux — un écart entraîne le refus de l'autorisation.

Questions fréquentes

Ce que les travailleurs étrangers rapportent

Difficultés le plus souvent signalées par les employeurs et salariés sur les forums spécialisés.

Délai DREETS : 2 mois officiels, 4 à 6 mois en pratique

Le Code du travail ne fixe aucun délai légal contraignant pour la DREETS, et les retours de terrain signalent régulièrement des délais de 4 à 6 mois. Le piège : la demande de changement de statut ne peut pas être déposée sans l'autorisation de travail, or le titre de séjour expire pendant l'attente — créant une situation irrégulière involontaire.

Récépissé sans mention « autorisé à travailler » : l'emploi reste interdit

Un récépissé de renouvellement n'autorise à travailler que s'il porte explicitement la mention « autorisé à travailler ». Sans cette mention, tout emploi est illégal pour le salarié et l'employeur — y compris si l'autorisation était valide sur l'ancien titre. Des usagers signalent que les préfectures n'apposent pas automatiquement cette mention lors des changements de catégorie.

Déposer 4 à 5 mois avant l'expiration du titre — pas 2 mois

Les praticiens recommandent de soumettre la demande 4 à 5 mois avant la fin du titre pour absorber les allers-retours documentaires. Si la DREETS réclame un complément, l'employeur n'a que 14 jours pour répondre avant clôture automatique du dossier.

Métier en tension = dispense de recherche préalable et instruction facilitée

Pour les postes classés « métiers en tension » (arrêté du 1er avril 2021, actualisé annuellement), l'employeur est dispensé de la publication de l'offre pendant 3 semaines et la DREETS applique une instruction facilitée. Vérifier la liste régionale en vigueur avant le dépôt permet de cocher explicitement cette dispense dans le formulaire en ligne.

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Amine · À propos de l'auteur

Originaire du Grand Maghreb, installé en France depuis 2017. A traversé personnellement les démarches de titre de séjour et la procédure de naturalisation. DémarchesÉtrangers est né de cette expérience, pour rendre l'information accessible à tous les étrangers en France.

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