Mis à jour Août 2026

Convocation police ou gendarmerie : vos droits en 2026

Vous avez reçu une convocation de la police ou de la gendarmerie et vous êtes étranger en France ? Ce guide explique ce que dit la loi : devez-vous vous y présenter, quels droits s'appliquent selon la situation (audition libre, garde à vue, vérification du droit au séjour), et ce qu'il faut faire avant, pendant et après.

Vous ne pouvez pas ignorer une convocation

Une convocation de la police ou de la gendarmerie est obligatoire, quel que soit le motif indiqué. Ne pas s'y présenter aggrave votre situation — elle ne la résout pas. En cas d'empêchement réel, prévenez le service avant la date.

Obligatoire

Se présenter à une convocation police/gendarmerie

24h max

Durée de la retenue pour vérification du droit au séjour

30 min

Entretien confidentiel garanti avec l'avocat dès son arrivée

Depuis 2012

Le séjour irrégulier seul ne justifie plus une garde à vue

Les 3 situations possibles derrière une convocation

Audition libre

Pas de durée légale fixe — vous êtes libre de partir

Vous êtes entendu (comme témoin, victime ou dans le cadre d'une enquête) sans être privé de liberté. Vous pouvez quitter les locaux à tout moment — c'est la différence essentielle avec la garde à vue.

Garde à vue (GAV)

24h, renouvelable une fois (48h) pour la plupart des délits

Mesure privative de liberté décidée par un officier de police judiciaire pour les besoins d'une enquête sur un crime ou un délit précis. Depuis 2012, le seul séjour irrégulier ne peut plus la justifier.

Retenue pour vérification du droit au séjour

24h maximum à partir du début du contrôle

Spécifique aux étrangers qui n'ont pas pu justifier leur droit de circuler ou séjourner lors d'un contrôle (CESEDA art. L813-1 à L813-16). Le procureur est informé dès le début et peut y mettre fin à tout moment.

Une convocation de la préfecture (pour un dossier de titre de séjour) est différente : elle relève du droit administratif, pas de ces trois procédures judiciaires. Si c'est votre cas, consultez notre guide titre de séjour refusé — que faire.

Que faire, étape par étape

1

Lire la convocation en entier

Identifiez qui convoque (police nationale, gendarmerie, ou préfecture — ce n'est pas la même chose) et le motif indiqué. Une convocation préfectorale (pour un dossier de titre de séjour) obéit à des règles différentes d'une convocation policière : voir notre page sur le refus de titre de séjour si c'est votre cas.

2

Vous ne pouvez pas l'ignorer

Une convocation de la police ou de la gendarmerie est obligatoire, quel que soit le motif indiqué. Si vous avez un empêchement réel, prévenez le service concerné avant la date — par écrit si possible, pour garder une trace. Un report peut être accordé, mais ce n'est jamais automatique.

3

Préparer ce que vous avez à apporter

Pièce d'identité, titre de séjour, récépissé ou attestation en cours de validité si vous en possédez un. Ne partez pas sans vos justificatifs dans l'espoir de « gagner du temps » — l'absence de documents complique la vérification et peut allonger la retenue, pas la raccourcir.

4

Contacter une association avant de vous présenter

Si vous êtes en situation irrégulière ou si le motif de la convocation vous inquiète, une permanence juridique gratuite (La Cimade, GISTI, barreau local) peut vous conseiller avant le rendez-vous — pas seulement après un placement en retenue.

5

Sur place, connaître les droits qui s'appliquent

Droit à un interprète si le français n'est pas votre langue, droit de garder le silence, droit à un avocat (selon le cadre — audition libre, GAV ou retenue). Ces droits doivent vous être notifiés dans une langue que vous comprenez.

6

À la fin de l'audition ou de la retenue

Demandez une copie du procès-verbal ou de l'attestation de fin de mesure. Si une décision a été prise dans l'intervalle (OQTF, placement en rétention), notez l'heure exacte de la remise : c'est souvent le point de départ du délai de recours.

Les droits qui s'appliquent, quelle que soit la situation

Droit d'être informé, dans une langue que vous comprenez, des raisons de la mesure et de sa durée maximale

Droit à un interprète — y compris par téléphone si l'interprète ne peut pas se déplacer

Droit de garder le silence : vous n'êtes jamais obligé de répondre à toutes les questions

Droit à un avocat — entretien confidentiel de 30 minutes garanti dès l'arrivée en retenue L813-1 (CESEDA art. L813-6)

Droit de prévenir un proche de votre choix et, pour les étrangers, votre consulat

Droit à un examen médical si votre état de santé le justifie

Retours terrain et mises en garde pratiques

Ce que les permanences juridiques associatives (La Cimade, GISTI) recommandent concrètement à l'approche d'une convocation.

Bonnes pratiques

Signalez un empêchement par écrit avant la date, pas le jour même — cela garde une trace et augmente les chances d'obtenir un report.
Contactez une permanence juridique gratuite avant de vous présenter si le motif vous inquiète, pas seulement après coup.
Apportez tous les documents en votre possession (récépissé, ancien titre, convocation OFII) — un dossier incomplet allonge la vérification, il ne la raccourcit pas.
Notez l'heure exacte du début du contrôle ou de la retenue : c'est le point de départ légal du délai de 24 heures.

Erreurs fréquentes

Ignorer la convocation en pensant qu'elle est « juste administrative » — elle est obligatoire quel que soit le motif indiqué au verso.
Confondre convocation policière et convocation préfectorale — les droits et le cadre légal ne sont pas les mêmes.
Se présenter sans aucun document par crainte, alors que les documents en votre possession peuvent au contraire raccourcir la vérification.
Croire qu'être en situation irrégulière entraîne automatiquement une garde à vue — ce n'est plus vrai depuis 2012, mais la retenue de 24h (L813-1) reste possible.

Si ça bloque : qui contacter

La Cimade

Permanences juridiques et guide « bons réflexes » en cas de contrôle ou de convocation.

GISTI

Fiches pratiques et orientation juridique sur le droit des étrangers.

Barreau local

Permanence d'avocat commis d'office, y compris hors GAV, via l'aide juridictionnelle.

Avocat spécialisé en droit des étrangers

Si une décision (OQTF, rétention) suit la convocation, un avocat peut agir dans les délais très courts du recours.

Une OQTF vous a été remise ?

Délais de recours, effet suspensif, aide juridictionnelle

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Sources officielles

Questions fréquentes

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Amine · À propos de l'auteur

Originaire du Grand Maghreb, installé en France depuis 2017. A traversé personnellement les démarches de titre de séjour et la procédure de naturalisation. DémarchesÉtrangers est né de cette expérience, pour rendre l'information accessible à tous les étrangers en France.