Mis à jour Juin 2026

Règle 90/180 jours Schengen — comment calculer son temps autorisé (2026)

La règle 90 jours sur 180 jours détermine combien de temps vous pouvez séjourner dans l'espace Schengen pour un court séjour. Mais c'est une fenêtre glissante qui change chaque jour — et avec le système EES actif depuis le 10 avril 2026, le calcul est désormais automatique. Ce guide explique la règle avec 5 exemples concrets et 3 outils gratuits pour calculer votre solde.

EES = calcul automatique du 90/180

Depuis le 10 avril 2026, le système EES (Entry-Exit System) enregistre numériquement vos entrées et sorties et calcule automatiquement votre temps passé dans Schengen. Le suivi est bien plus fiable que les anciens tampons, sans être infaillible (un régime de secours existe en cas de panne). Vous pouvez consulter votre solde sur les bornes self-service prévues dans certains aéroports.

90 jours

Maximum séjour

180 jours

Fenêtre glissante

29 pays

Espace Schengen 2026

EES

Calcul automatique

Les 5 principes essentiels du 90/180

La règle semble simple en apparence, mais plusieurs nuances entraînent des erreurs fréquentes de calcul. Ces cinq principes couvrent les points qui font l'objet du plus grand nombre de confusions, notamment depuis l'entrée en vigueur de l'EES en avril 2026.

1. La règle de base

Vous pouvez séjourner dans l'espace Schengen jusqu'à 90 JOURS sur toute période de 180 JOURS GLISSANTS. La période de 180 jours se calcule rétrospectivement à chaque jour de votre séjour.

2. « Glissante » : la nuance clé

La période de 180 jours n'est PAS un calendrier fixe (janvier-juin par exemple). C'est une fenêtre glissante : à chaque nouveau jour, on regarde les 180 jours précédents et on compte les jours déjà passés dans Schengen. Si > 90 jours = dépassement.

3. Compte tous les pays Schengen ensemble

Si vous passez 30 jours en France + 30 jours en Allemagne + 30 jours en Italie, total = 90 jours. Pas 90 jours par pays. L'espace Schengen est UN ensemble pour ce comptage.

4. Jours d'entrée et de sortie comptent

Le jour où vous entrez et le jour où vous sortez sont TOUS LES DEUX comptés comme des jours de séjour. Donc un séjour du 1er au 10 janvier = 10 jours, pas 9.

5. EES rend le calcul AUTOMATIQUE depuis avril 2026

Avec l'EES (Entry-Exit System) actif depuis le 10 avril 2026, le calcul est automatisé à chaque passage frontière : entrées et sorties sont enregistrées numériquement et l'historique des tampons manuels n'est plus le seul repère. Le système n'est toutefois pas infaillible — en cas de panne, les agents reviennent à un régime de secours (tampon manuel). Mieux vaut donc connaître son propre solde avant de voyager.

5 exemples concrets pour bien comprendre

Ces scénarios reproduisent les situations les plus fréquentes rencontrées par les voyageurs : séjour simple, voyages multiples dans l'année, dépassement progressif et cas pièges. Chaque calcul suit la méthode de la fenêtre glissante appliquée par l'EES.

Cas 1 : Voyage simple — bien dans les clous

Scénario : Marie veut visiter la France du 15 mai au 25 juin 2026 (42 jours).

Calcul : À l'entrée le 15 mai : on regarde les 180 jours précédents (du 16 novembre 2025 au 15 mai 2026). Si Marie n'a pas séjourné dans Schengen pendant cette période → 0 jour utilisé. Pendant son séjour, elle accumule 42 jours.

✅ OK — 42 jours utilisés, 48 jours encore disponibles dans la fenêtre 180.

Cas 2 : Plusieurs voyages dans l'année

Scénario : Karim a fait : 20 jours en France (mars), 25 jours en Italie (mai), prévoit 30 jours en Espagne (août).

Calcul : À l'entrée en Espagne (1er août), on regarde du 1er février au 31 juillet (180 jours). Jours déjà utilisés : 20 (mars) + 25 (mai) = 45 jours. Encore disponibles : 90 - 45 = 45 jours. Karim peut donc faire ses 30 jours en Espagne.

✅ OK — total 75 jours sur la période 180.

Cas 3 : Dépassement progressif

Scénario : Aïsha a séjourné 50 jours en France (janvier-février), revient pour 50 jours en mai-juin.

Calcul : À l'entrée le 1er mai, on regarde du 2 novembre 2025 au 1er mai 2026 = 50 jours déjà utilisés. Aïsha peut rester 90 - 50 = 40 jours seulement, soit jusqu'au 9 juin maximum.

⚠️ Si elle reste 50 jours → DÉPASSEMENT de 10 jours. Risque sanctions.

Cas 4 : Renouvellement de la fenêtre

Scénario : Mohammed a fait 90 jours d'affilée (1er janvier au 31 mars). Il veut revenir.

Calcul : Il doit attendre que les jours du début « sortent » de la fenêtre 180. Premier jour disponible pour revenir : 30 juin (180 jours après le 1er janvier). À cette date, le 1er janvier sort de la fenêtre.

✅ Il peut revenir progressivement à partir du 30 juin (1 jour disponible), puis plus chaque jour.

Cas 5 : Cas piège : courts séjours rapprochés

Scénario : Léa fait 80 jours en mai-juillet 2026, veut revenir 30 jours en septembre 2026.

Calcul : À l'entrée en septembre : fenêtre 180 jours = mars-septembre. Jours utilisés : 80. Encore disponibles : 90 - 80 = 10 jours seulement.

❌ Léa ne peut faire que 10 jours en septembre, pas 30. Dépassement de 20 jours sinon.

3 outils gratuits pour calculer son solde

Cette page explique la règle 90/180 pas à pas. Pour faire le calcul interactif de vos jours restants à partir de vos dates de séjour, utilisez notre simulateur Schengen 90/180 en ligne (gratuit, calcul local, aucune donnée transmise). Avant tout voyage proche de la limite des 90 jours, vous pouvez aussi recouper avec l'un des calculateurs ci-dessous. La Commission européenne met à disposition un outil gratuit qui tient compte de l'ensemble de vos séjours Schengen sur les 180 derniers jours.

EES Self-Service (à venir)

Bornes self-service prévues dans certains aéroports français en 2026 — consultation directe de votre solde EES.

8 conséquences réelles d'un dépassement

Avec l'EES actif depuis avril 2026, un dépassement est en principe enregistré dans le système et peut déclencher des sanctions immédiates ou différées. Les conséquences sont proportionnelles à la durée du dépassement et au nombre de récidives. Les montants d'amende ci-dessous sont indicatifs : ils varient d'un État Schengen à l'autre selon leur réglementation nationale.

Refus d'entrée à la prochaine venue dans Schengen
Amende administrative dont le montant varie selon le pays et la durée du dépassement (de l'ordre de ~180 € pour un court dépassement, jusqu'à 500-1 000 € selon les États ; en France, le maintien irrégulier peut être sanctionné jusqu'à 3 750 € au titre du CESEDA)
Interdiction de territoire pendant 1 à 3 ans en cas de dépassement important
Difficulté pour obtenir des visas futurs (historique pris en compte)
Signalement dans le SIS (Système d'Information Schengen) avec, selon les cas, une interdiction d'entrée de 1 à 3 ans
Pour les visas court séjour : refus quasi-automatique des prochaines demandes
Pour les exemptés de visa : perte temporaire de cette exemption
Pour les naturalisations futures : élément négatif au dossier

Les 29 pays Schengen (2026)

Tous les jours dans ces pays comptent ENSEMBLE dans le quota 90/180. La Bulgarie et la Roumanie ont rejoint pleinement l'espace Schengen le 1er janvier 2025 (levée des contrôles aux frontières terrestres ; frontières aériennes et maritimes ouvertes depuis le 31 mars 2024).

  • Allemagne, Autriche, Belgique
  • Bulgarie, Croatie, Danemark
  • Espagne, Estonie, Finlande
  • France, Grèce, Hongrie
  • Islande, Italie, Lettonie
  • Liechtenstein, Lituanie, Luxembourg
  • Malte, Norvège, Pays-Bas
  • Pologne, Portugal, République tchèque
  • Roumanie, Slovaquie, Slovénie
  • Suède, Suisse

Pas dans Schengen : Royaume-Uni (depuis 1973), Irlande, Chypre. Les Andorre, Monaco, Saint-Marin, Vatican ne sont pas membres formellement mais leurs frontières sont effectivement Schengen.

Questions fréquentes

Sources officielles consultées (à jour juin 2026)

Ce que les voyageurs fréquents rapportent sur le calcul des 90 jours Schengen

Décompte de la fenêtre glissante et refus à la frontière les plus signalés.

Sortir de l'espace Schengen ne remet PAS le compteur à zéro

Des voyageurs signalent régulièrement des refus d'entrée après un court séjour au Maroc ou en Grande-Bretagne, persuadés d'avoir récupéré leurs jours. Les jours déjà utilisés dans les 180 jours précédents restent comptabilisés — seule la fenêtre glissante évolue.

Depuis le 10 avril 2026, l'EES enregistre chaque passage : le dépassement n'est plus invisible

L'ancien flou des tampons manquants se réduit fortement. Un dépassement détecté expose à une amende administrative dont le montant varie selon le pays et la durée (de l'ordre de 180 € pour un court dépassement, jusqu'à 500-1 000 € selon les États ; en France jusqu'à 3 750 € au titre du CESEDA), et peut entraîner un signalement au SIS avec interdiction d'entrée de 1 à 3 ans. Le contrôle numérique n'est cependant pas infaillible : en cas de panne, les agents reviennent au régime de secours (voir notre guide EES). Mieux vaut ne pas compter dessus pour rattraper une erreur de calcul.

Compter le jour d'entrée ET le jour de sortie comme des jours pleins

Entrée le 1er juin, sortie le 30 juin = 30 jours consommés (et non 29). Ce piège arithmétique génère la majorité des micro-dépassements de 1 à 2 jours signalés par les voyageurs, notamment pour les séjours calculés au plus juste.

Utiliser le calculateur officiel de la Commission européenne avec TOUS les séjours des 6 derniers mois

La plupart des blocages à la frontière viennent d'un ancien séjour oublié qui empiète encore sur la fenêtre glissante. Le calculateur EU (ec.europa.eu) prend en compte l'intégralité de l'historique et affiche le nombre de jours restants au jour J.

A

Amine · À propos de l'auteur

Originaire du Grand Maghreb, installé en France depuis 2017. A traversé personnellement les démarches de titre de séjour et la procédure de naturalisation. DémarchesÉtrangers est né de cette expérience, pour rendre l'information accessible à tous les étrangers en France.

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