Mis à jour Avril 2026

Frais d'inscription université étudiant non-UE 2026 — 2 895 € et exonérations plafonnées

Les étudiants extracommunautaires paient des frais d'inscription différenciés depuis 2019. Le décret n° 2026-385 du 19 mai 2026, pris dans le cadre du plan « Choose France for Higher Education », plafonne les exonérations à 30 % des étudiants non-UE par université en 2026-2027 (puis 25 % en 2027-2028 et 20 % à terme). Tout ce que vous devez savoir : tarifs, exonérations, alternatives.

Décret du 19 mai 2026 — durcissement des règles

Le gouvernement met fin aux « exonérations massives ». Certaines universités (Strasbourg : 97 % d'exonérés, Aix-Marseille…) devront revoir leur politique. Les exonérations sont désormais plafonnées à 30 % des étudiants non-UE par établissement pour 2026-2027, puis 25 % (2027-2028) et 20 % à terme.

2 895 €

Licence non-UE

3 941 €

Master non-UE

30 %

Exonérations max 2026-2027

BGF

Boursiers exonérés

Tarifs officiels 2026 — comparaison UE / non-UE

Depuis 2019, les universités publiques françaises appliquent deux grilles tarifaires distinctes selon la nationalité. Le tableau ci-dessous met en regard les montants pour les ressortissants de l'UE et de l'EEE et ceux pour les étudiants extracommunautaires, niveau par niveau.

NiveauÉtudiant UE/EEEÉtudiant non-UERatio
Licence (L1, L2, L3)178 €2 895 €16×
Master (M1, M2)254 €3 941 €15×
Doctorat (D1-D3)391 €391 €1× (pas de différenciation)
Diplôme d'ingénieur650 €2 895 € (variable)Selon école
DUT / BUT178 €2 895 €16×

Tarifs annuels arrêtés par le Ministère de l'Enseignement Supérieur. Source : arrêté du 19 avril 2019 modifié pour 2026.

Qui doit payer les frais différenciés ?

Les frais différenciés s'appliquent aux étudiants non ressortissants d'un État de l'Union européenne, de l'EEE ou de la Suisse, qui s'inscrivent pour la première fois dans une université publique française.

❌ Concernés (paient 2 895 € / 3 941 €)

  • Étudiants Maroc, Algérie, Tunisie, Sénégal, Côte d'Ivoire…
  • Étudiants Asie (Chine, Vietnam, Inde, Japon…)
  • Étudiants Amériques (Brésil, Mexique, USA…)
  • Étudiants africains hors UE
  • Étudiants Royaume-Uni depuis Brexit (2021)

✅ Non concernés (paient tarif UE)

  • Citoyens UE, EEE (Norvège, Islande, Liechtenstein), Suisse
  • Réfugiés statutaires et bénéficiaires protection subsidiaire
  • Étudiants déjà inscrits avant 2019 (continuité d'études)
  • Boursiers du gouvernement français (BGF)
  • Étudiants en doctorat (pas de différenciation)
  • Résidents fiscaux français depuis ≥ 2 ans

Les 7 cas d'exonération possibles

L'exonération peut être de plein droit (automatique) ou discrétionnaire (décidée par l'université dans la limite de 30 % à partir de 2026-2027 (puis 25 %, puis 20 %).

1. Bourse du Gouvernement Français (BGF)

Bourse Eiffel, bourse d'ambassade, bourse d'excellence : exonération AUTOMATIQUE et totale. Présenter l'attestation de bourse à l'inscription.

2. Statut de réfugié ou bénéficiaire de la protection subsidiaire

Exonération de plein droit sur présentation du titre de séjour. Tarifs UE appliqués.

3. Accord bilatéral entre France et pays d'origine

Certains accords prévoient l'exonération réciproque. Liste consultable sur le site de l'université ou de Campus France.

4. Convention spécifique avec votre université d'origine

Accord d'échange Erasmus + (hors UE), MICEFA, programmes spéciaux. Vérifier au service relations internationales.

5. Reconnaissance du statut de résident fiscal en France

Si vous résidez fiscalement en France depuis ≥ 2 ans (avis d'imposition à l'appui), vous pouvez prétendre aux tarifs UE.

6. Critères académiques de l'université (politique propre)

Mention TB ou B au baccalauréat, classement excellent, projet remarquable. Étude au cas par cas par la commission d'exonération de chaque université.

7. Critères sociaux de l'université

Difficultés financières attestées (revenus parentaux, situation familiale). Demande à formuler avec dossier complet (avis d'imposition garant, attestation employeur, etc.).

Politique d'exonération par université (état avant 2026)

Avant le plan d'avril 2026, les universités étaient libres d'exonérer jusqu'à 100 % de leurs étudiants étrangers. Voici l'état avant durcissement :

Université de Strasbourg

Exonère 97 % des étudiants extracommunautaires (Licence et Master)

Politique historique d'ouverture internationale. Difficulté à venir avec le plafond de 30 % (puis 25 %, puis 20 %).

Aix-Marseille Université

Exonération sur critères (mention au baccalauréat, accord bilatéral)

Système de demande individuelle, étudié au cas par cas par la commission d'exonération.

Sorbonne Nouvelle - Paris 3

Exonération sur critères académiques (mention TB / B au bac)

Exonération automatique pour les meilleurs dossiers Campus France.

Sorbonne Université

Frais différenciés appliqués strictement, peu d'exonérations

Politique stricte, exonérations réservées aux conventions internationales spécifiques.

Université de Lyon (UCBL, Lyon 2, Lyon 3)

Variable selon l'établissement

Lyon 2 plus généreuse que Lyon 1 sur les exonérations historiquement.

Universités d'Île-de-France hors Sorbonne

Plutôt strictes, exonérations rares

Politique standard, sauf accord bilatéral avec établissement d'origine.

Attention rentrée 2026-2027

Les universités les plus généreuses (Strasbourg, Aix-Marseille…) devront drastiquement réduire leurs exonérations. Si vous comptiez sur une exonération automatique, anticipez le coût plein et préparez un financement alternatif (bourse, garant, prêt familial).

Procédure de demande d'exonération individuelle

  1. Identifier le formulaire de demande sur le site de l'université (rubrique « Scolarité » ou « International »). Variable selon les universités.
  2. Préparer le dossier : avis d'imposition du garant ou parents (3 dernières années), attestation employeur, situation familiale (enfants à charge, etc.), bulletins de notes, relevés bancaires.
  3. Joindre une lettre motivée exposant la situation et l'impact des frais sur la viabilité du projet d'études. Soigner cette lettre — elle est parfois lue par la commission.
  4. Déposer avant la date limite indiquée par l'université (souvent juin-juillet pour la rentrée de septembre).
  5. Attendre la décision de la commission d'exonération (1-3 mois). Notification par email ou courrier. Pas d'obligation de motivation officielle.
  6. Si refus, payer puis recours possible : recours gracieux au président de l'université dans les 2 mois, puis Tribunal Administratif si rejet. Mais peu de chances de succès, car décision discrétionnaire.

Alternatives moins chères en Europe et au-delà

Si les 2 895 € / 3 941 € posent problème et qu'aucune exonération n'est possible, voici 6 alternatives sérieuses :

Universités allemandes (Allemagne)

Quasi-gratuites pour les étudiants étrangers (~300 €/semestre de frais administratifs). Beaucoup de masters en anglais.

Universités belges francophones (ULB, UCLouvain, ULiège)

Frais Belgique : ~835 € pour les non-UE en Bachelor, ~835-1 150 € en Master. Bien moins chers qu'en France post-2026.

Universités luxembourgeoises

200-400 €/semestre, programmes multilingues (français, anglais, allemand).

Universités québécoises (Canada)

5 000-10 000 CAD/an pour les non-Québécois (≈ 3 500-7 000 €). Possibilité de PEQ (Programme d'Expérience Québécoise) pour s'installer après diplôme.

Universités suisses

1 000-2 500 CHF/an (≈ 1 050-2 600 €) selon canton. Niveau d'enseignement très élevé.

Universités tunisiennes (en français)

Quasi-gratuites pour les étudiants africains via accords de coopération. Peut être un bon Plan B.

Bonne nouvelle : les boursiers du gouvernement français sont exonérés

Si vous obtenez une bourse du Gouvernement Français (BGF) avant la rentrée, vous êtes exonéré de plein droit des 2 895 € / 3 941 €. La mesure d'avril 2026 ne touche pas cette catégorie.

Programmes principaux à viser :

  • Bourse Eiffel : Master (1 700 €/mois) + Doctorat (1 400 €/mois). Très sélective.
  • Bourse d'ambassade : variable selon le pays d'origine.
  • Bourse d'excellence Major : pour les bacheliers étrangers du réseau AEFE.
  • Programme franco-X : accords bilatéraux (Maroc, Sénégal, Tunisie, Vietnam…).

Questions fréquentes

Sources officielles consultées

Ce que les étudiants non-UE rapportent sur les frais différenciés

Frais différenciés, exonérations et recours, d'après les retours d'étudiants hors UE.

Décret du 19 mai 2026 : fin des exonérations massives

Le décret n° 2026-385 plafonne les exonérations discrétionnaires à 30 % pour 2026-2027 (puis 25 % puis 20 %). La pratique antérieure où 90 % des étudiants étaient exonérés (rendant le système largement théorique depuis 2019) est terminée pour la rentrée 2026.

Changer d'université en cours de cycle = perte de l'exonération acquise

La protection accordée aux étudiants déjà exonérés en 2025-2026 ne vaut que s'ils restent dans le même établissement jusqu'à la fin du cycle. Un étudiant en M1 qui change d'université pour son M2 perd l'exonération et bascule au tarif majoré sans préavis.

Exonérations de plein droit non soumises au quota : les vérifier

Titulaires d'un titre VPF, réfugiés, bénéficiaires de la protection subsidiaire, boursiers BGF/Eiffel et doctorants sont exonérés automatiquement — hors quota. Mais seulement s'ils joignent le justificatif au dossier d'inscription : aucune université ne vérifie proactivement le statut.

Demander l'exonération dès la candidature — les quotas se remplissent vite

Les quotas discrétionnaires (30 %) se remplissent en cours de campagne d'inscription. Plusieurs établissements traitent les demandes dans l'ordre d'arrivée — les dossiers déposés tôt ont un avantage structurel. Attendre la confirmation d'admission pour demander l'exonération peut être trop tard.

A

Amine · À propos de l'auteur

Originaire du Grand Maghreb, installé en France depuis 2017. A traversé personnellement les démarches de titre de séjour et la procédure de naturalisation. DémarchesÉtrangers est né de cette expérience, pour rendre l'information accessible à tous les étrangers en France.

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